Le suspens n’en finit pas. Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, va-t-il répondre aux sirènes de la politique ? Va-t-il accepter la proposition de Nicolas Sarkozy qui le voit député européen ? Le président de la FNSEA a profité de la trêve des confiseurs pour y réfléchir. Le 14 janvier, le conseil fédéral du syndicat lui permettrait d’en faire l’annonce à ses troupes. Dans l’affirmative, le départ anticipé de Jean-Michel Lemétayer pose l’épineux problème d’une succession « express ». Dans le cas contraire, il mènerait à bien le délicat sujet de la réorientation de la Pac avant de trouver une porte de sortie plus institutionnelle. Dans les deux options, il ne finirait pas son mandat qui court jusqu’en 2011.
Ira ? N’ira pas ? Le Landerneau agricole parisien en ce début d’année se répandait en conjectures sur l’éventuel départ du président de la FNSEA pour une destinée politique. Jean-Michel Lemétayer ne s’en est pas caché : c’est Nicolas Sarkozy en personne qui lui a demandé de se lancer dans l’arène politique sous les couleurs de l’UMP pour les élections européennes de juin prochain.
Le leader de la FNSEA s’est donné le temps de la réflexion pendant la trêve des confiseurs. Sa réponse que l’on attendait tout début janvier deviendrait effective la semaine du 12 janvier.
Réponse le 14 janvier
Le conseil fédéral de la FNSEA le 14 janvier devrait lui permettre d’en faire l’annonce. Dans l’affirmative, il lui faudrait quitter ses fonctions à la tête de la FNSEA presque simultanément. Celui qui a depuis son élection en mai 2001, répété que son syndicat était apolitique par principe, ne peut en effet, cumuler les deux rôles très longtemps. Ce mélange des genres présente un risque : réduire à néant les efforts faits en termes de communication pour affranchir la FNSEA d’une image trop politisée. Et surtout cette ambiguïté rendrait la tâche de son successeur encore plus difficile.
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En effet, la succession de Jean-Michel Lemétayer souffre d’un contexte troublé avec un affrontement entre céréaliers et éleveurs sur fond de bilan de santé de la Pac. La réorientation des soutiens déchire la « grande maison ». Et le timing imposé par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier et par l’UMP n’arrange pas les affaires de Jean-Michel Lemétayer. Les huit têtes de liste pour les élections européennes seront dévoilées le 24 janvier à l’UMP lors d’un conseil national.
Un calendrier délicat
D’ici là les orientations françaises pour le bilan de santé de la Pac, prises en concertation avec la profession, ne seront pas finalisées. Et la tension risque de ne pas être encore retombée à la FNSEA d’ici là. Ce qui fait dire à certains observateurs que la solution la plus « simple » serait donc la meilleure. À savoir, promouvoir logiquement le secrétaire général, Dominique Barrau, à la tête de la grande maison jusqu’à la fin du mandat de Jean-Michel Lemétayer. Ce choix éviterait donc de cristalliser autour d’un autre candidat moins « naturel » les vifs débats entourant la réorientation des aides Pac. Sauf si l’un des candidats pressentis, comme Xavier Beulin, Pascal Ferey ou Chistiane Lambert, met dans la balance sa vision de la Pac de l’après 2013. Il serait alors élu sur une ligne politique. C’est un peu ce qu’a tenté de faire Xavier Beulin, vice-président de la FNSEA, dans une interview donnée à la presse agricole départementale fin décembre. Pour tout candidat, le jeu n’est pas sans risque : celui d’être mal élu en plein milieu de mandat.
Une « sortie » plus institutionnelle
Autre option : Jean-Michel Lemétayer ne se lance pas en politique au risque de déplaire à Nicolas Sarkozy. D’autres qui ont dit non avant lui en ont mesuré l’enjeu ! Les raisons d’un tel choix : la candidature quasi-acquise de Joseph Daul dans l’Est, ex-syndicaliste agricole qui, même s’il a pris de l’envergure en prenant la présidence du PPE (parti polpulaire européen) reste « l’agricole » du Parlement européen. Y-a-t-il de la place pour deux agriculteurs ? Peut-être pas. Autre motif : le manque de notoriété de ces députés européen qui ferait choisir à Jean-Michel Lemétayer une « sortie » plus institutionnelle. Il se dit dans les milieux syndicauts que la présidence du CES (conseil économique et social) pourrait lui revenir s’il se porte candidat à la succession de Jacques Dermagne réélu en septembre 2004 pour un mandat de cinq ans. Réponse… dans quelques jours ou quelques mois.