Glon croit encore en la volaille. Le groupe morbihannais vient d’annoncer un projet d’investissement lourd de 27 millions d’euros dans sa filiale Boscher Volailles à Mûr-de-Bretagne (Côtes d’Armor). Objectif : remplacer son abattoir-découpe de poulets par une unité neuve.
Intervenant sur le segment des viandes désossées ou découpe avec os, principalement pour l’industrie de la restauration rapide, la charcuterie de volaille et les plats cuisinés Boscher Volailles commercialise 71 % de ses 38 000 tonnes de poulets sous la forme de viandes désossées pour les IAA, le reste étant mis sur le marché en découpe avec os pour l’industrie, les grossistes et négociants et la RHD, Boscher Volailles, filiale du Groupe Glon, va bénéficier d’un nouvel investissement lourd à hauteur de 27 millions d’euros sur son site de Mûr-de-Bretagne qui traite actuellement 400 000 poulets par semaine qui sont transformés en 38 000 tonnes de viandes vendues en « big bags » de 430, 750 kilos ou 1 tonne. A terme, l’outil actuel sera remplacé par une usine neuve qui devra mieux tenir tête aux exigences de productivité de la concurrence étrangère.
Avec 197 salariés permanents, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros dont 25 % à l’exportation, uniquement sur le marché européen. De l’aveu du directeur de Boscher Volailles, Paul Lopez, ce segment de marché « progresse doucement en Europe », mais la part des opérateurs intervenants européens se réduit face aux importations de viandes congelées.
Pour rester sur ce marché, Boscher Volailles a choisi d’améliorer son process en profondeur pour rendre son industrie plus compétitive. Elle n’avait guère le choix. Son usine actuelle a déjà été refaite trois fois depuis 1991 (Glon en prend le contrôle en 1995) et « il subsiste beaucoup de goulots d’étranglement », dit Paul Lopez.
Deux axes de compétitivité
Le projet industriel qui sous-tend l’investissement annoncé pour un démarrage au premier semestre 2008, suit deux axes.
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D’abord améliorer le rendement matière. La prochaine usine de Boscher Volailles traitera toujours des poulets de type « Princior », concept de la maison Glon Sanders, mais alourdis de 20 % environ. Les poulets vifs pèseront entre 2,9 et 3,5 kilos en fonction de la période d’enlèvement dans l’élevage. Actuellement, Boscher Volailles travaille des animaux d’un poids légèrement inférieur, compris entre 2,2 et 3,1 kilos. D’ores et déjà, les 150 éleveurs de poulets du groupement Gaévol qui fournissent Boscher Volailles testent les programmes génétique, alimentaire et de conduite d’élevage pour satisfaire aux besoins de leur débouché industriel.
Dans un outil prévu pour ne traiter, dans un premier temps, que 38 000 tonnes de produits finis par an comme actuellement, le niveau d’abattage baissera forcément. Paul Lopez et son staff mènent de front plusieurs études pour connaître précisément les volumes qui seront abattus dans la nouvelle usine. Une certitude : le process maintiendra la tuerie sous anesthésie que Boscher Volailles a mis en place dès 2002 dans son usine. C’est là un facteur différenciant sur le marché que d’intégrer du bien-être dans le process. Au même titre que proposer à l’ensemble des clients de l’entreprise de la viande fraîche à 95 %.
L’autre piste suivie pour gagner en compétitivité dans la future usine, c’est la mise en place d’un système de vérification par rayons X de la présence de petits os dans les lots de viande. « Actuellement, nous palpons deux fois les muscles pour respecter le cahier des charges que nous nous imposons : avoir moins de dix os de 5 millimètres par tonne de viande », explique Paul Lopez. A partir de 2008, les rayons X se substitueront à la seconde palpation manuelle.
Boscher Volailles maintiendra ses effectifs au même niveau qu’aujourd’hui. Avec Kéranna Volailles (Guiscriff, Morbihan) et ses participations dans RVE, Farmor et Robichon, le chiffre d’affaires cumulé de Glon dans la volaille atteint près de 250 millions d’euros. Paul Lopez précise qu’après cet investissement, le groupe Glon aura engagé près de 60 millions en cinq ans dans la filière volailles, après avoir investi 30 millions dès la reprise de Kéranna, en 2003.