Abonné

Espagne Une vision nouvelle de la politique agricole

- - 4 min

Même si le thème de l'agriculture a été peu présent dans la  campagne électorale, les socialistes sont porteurs d'une vision différente en  politique agricole. Alors que le parti populaire d'Aznar plaidait pour une modernisation des exploitations et leur plus grande mécanisation, celui de Zapatero  milite pour le maintien des exploitations familiales et propose même un Contrat territorial d'exploitation. Peu critique à l'égard des OGM, le PSOE vient en revanche de remettre en cause une partie du Plan hydrologique national, qui concerne le détournement des eaux du delta de l'Ebre. Une bonne nouvelle pour les agriculteurs français.

Le thème de l'agriculture a été peu présent lors de la campagne électorale en Espagne. Pourtant, si on l'étudie de près, la vision du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de M. Zapatero diverge singulièrement de celle du Parti populaire (PP) de M. Aznar sur les enjeux de la politique agricole. Le principal clivage concerne la réforme de la politique agricole commune que le PP considère comme réussie alors que le PSOE la regarde comme un échec du gouvernement, qui risque de générer de nombreux abandons du côté des producteurs. Le programme du parti de M. Zapatero accorde une large place à la défense des exploitations familiales, présentées comme "un tissu indispensable pour une agriculture soutenable, la protection de l'environnement, la qualité, la sécurité alimentaire, freinant la désertification et la dépopulation". Il propose un "contrat territorial d'exploitation" afin de garantir "la multifonctionnalité et l'utilité sociale" de l'agriculture. De quoi rappeler des souvenirs à certains responsables français... Le PSOE plaide également pour le développement des coopératives, la rénovation du régime des assurances agricoles et une re-fondation des relations entre les producteurs et le commerce. Le PP militait en faveur du renforcement de l'industrie alimentaire, de la modernisation des exploitations et la mise en place d'un programme d'aide au développement du machinisme agricole. 

La question des OGM peu médiatisée 

Concernant les OGM, assez répandus en Espagne, le PSOE demande un effort de transparence et de traçabilité en direction des consommateurs et assure qu'il garantira la compatibilité entre productions OGM, conventionnelles et écologiques. Philippe Mérillon, attaché agricole à l'ambassade de France à Madrid, explique que " la question des OGM n'a pas été médiatisée comme dans d'autres pays européens. L'Espagne est déficitaire en céréales et tout ce qui peut permettre de sécuriser la production céréalière est plutôt bien perçu". Le seul thème de campagne qui ait réellement été médiatisé est celui de l'irrigation. Peu après sa victoire aux élections. M. Zapatero a annoncé son intention de suspendre le projet de détournement des eaux du delta de l'Ebre vers la Catalogne et le Sud-Est de l'Espagne. Ce point majeur du Plan hydrologique national était l'objet de critiques, notamment des écologistes. D'après M. Mérillon, " son abandon est une bonne nouvelle pour nous car ce projet aurait encore augmenté la compétitivité des agriculteurs espagnols". 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

élections
Suivi
Suivre
céréales
Suivi
Suivre

Tout à perdre de la réforme de la Pac 

Au niveau européen, l'Espagne est à présent en première ligne dans la réforme "2", qui concerne les produits "méditerranéens" que sont l'olive, le coton et le tabac. On ignore pour l'instant si le changement de majorité modifiera sa position, franchement opposée au projet de la Commission. D'une manière générale, l'Espagne a plus à perdre qu'à gagner de la réforme de la Pac. Avec l'élargissement à l'Est, l'Espagne ne sera plus dans la liste des pays prioritaires dans le soutien communautaire. Ce pays a été en 2002, en termes absolus, le plus grand bénéficiaire (20,9%) des dépenses opérationnelles du budget communautaire. D'après un document de travail interne à la Commission, à partir de 2007, l'Espagne ne bénéficiera plus que de 13% du budget communautaire et ce, quelle que soit la majorité au pouvoir dans la péninsule ibérique.