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Maïs Une voie « intermédiaire » à trouver pour gérer la chrysomèle

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Avec 300 individus piégés cet été, la chrysomèle fait désormais presque figure d’habituée des champs de maïs alsaciens er rhônalpins. Pour l’AGPM, il n’est plus question de chercher à l’éradiquer mais il faut construire un dispositif permettant de contenir l’insecte dans les zones infestées. Des discussions sont en cours avec le ministère.

«En France, nous sommes dans une phase où la chrysomèle est en cours d’installation », a constaté Céline Duroc, responsable environnement à l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs), lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat à Paris, le 24 septembre. Or, la réglementation européenne n’a pas vraiment pensé à ce cas de figure. Pour cet insecte de quarantaine parasite du maïs, les textes européens prévoient en premier lieu l’éradication dans les zones où il n’est pas encore établi. Sauf que l’insecte est désormais installé en France. « Malgré une lutte très pesante économiquement pour les agriculteurs, l’insecte a progressé », a signalé Céline Duroc. L’année 2009 marque une rupture avec les campagnes précédentes, où pas plus d’une vingtaine d’insectes n’avait été détectée. Plus de 300 chrysomèles ont été piégées en Alsace, en Rhône-Alpes et en Bourgogne. « Or les pièges n’attrapent que les mâles, alors que 70 à 80 % des coléoptères qui se déplacent sont des femelles », a expliqué Richard Edwards, professeur à l’université de Purdue aux Etats-Unis. Les populations sont donc peut-être beaucoup plus développées que ne le laissent croire les piégeages.

Un dispositif intermédiaire pour contenir l’insecte
Inquiétude supplémentaire, des individus ont été capturés pour la troisième année consécutive dans deux foyers, l’un en Alsace, l’autre en Rhône-Alpes. « Selon la réglementation européenne, ces zones deviennent des zones infestées », a expliqué Céline Duroc. C’est l’autre cas de figure qu’a envisagé Bruxelles : lorsque des zones sont ainsi qualifiées, la législation prévoit des mesures de confinement. Elles ne concernent que les bordures des zones à problème, et surtout, elles ne sont pas à caractère obligatoire. Pour Marco Pasti, président de l’association des producteurs de maïs italiens, ce type de mesure n’a servi à rien en Lombardie où la population de chrysomèle a explosé… Parce que personne ne les a appliquées ni contrôlées. Autrement dit, il faut, pour l’AGPM, inventer une nouvelle formule. « Nous aimerions avoir un dispositif intermédiaire pour contenir l’insecte », a signalé Céline Duroc.

Utiliser les phytos et une rotation à moyen terme
Pour l’instant, celui-ci n’est pas défini. Des discussions sont en cours avec le ministère. Il s’agirait notamment d’unir rotation à moyen terme et utilisation de traitements phytos au semis, à condition que des produits homologués soient disponibles. L’AGPM compte inscrire cette troisième voie dans le « flou » laissé par la réglementation européenne. Celle-ci ne devrait pas être modifiée avant 2011, compte tenu de la lenteur des procédures. La Commission n’a pas émis d’avis sur le sujet. En juillet, elle a seulement présenté les conclusions d’une étude d’impact qu’elle avait commandé sur la chrysomèle. « Nous avons trouvé que certains éléments comme les phytos n’étaient pas assez pris en compte », a indiqué Christophe Terrain. L’organisation regrette également que l’étude ne fasse pas allusion aux possibilités offertes par les OGM qui, s’ils ne sont pas autorisés en Europe, existent ailleurs dans le monde. Si rien n’est fait, « nous allons nous retrouver dans un début de distorsion de concurrence importance », a relevé Christophe Terrain, président de l’AGPM.

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