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Unilis, un mix inédit entre capital-risque et expertise technique

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Unigrains (société d’investissement) et Arvalis (institut technique) viennent de créer une société de capital-risque, Unilis Agtech, destinée à investir dans des start-up de l'agtech – et plus particulièrement celles dont l’activité concerne les grandes cultures et les cultures fourragères. « L’initiative de la création de ce fonds vient des céréaliers qui sont à la gouvernance des deux entités, retrace Alexandre Biau, nommé DG d’Unilis (à gauche ci-dessous ; Romain Val, DG adjoint à droite). Ils souhaitaient faire travailler ensemble deux entités de la maison, le bras financier et le bras technique. »

La somme de 4 millions d'euros dont est dotée Unilis lui permettra d’accompagner une dizaine de projets, qu'ils soient basés en France ou à l'étranger. Mais « l’objectif d’Unilis est avant tout d’apporter de la valeur aux filières françaises », précise Alexandre Biau. Le fonds n’imposera pas de condition de chiffre d’affaires aux start-up, mais une obligation de preuve de concept. « Il faudra une équipe structurée avec une proposition sur la table », résume le directeur général.

Le périmètre d’activité d’Unilis est délimité par les compétences techniques d’Arvalis, qui vont « de l'agronomie à l'économie des systèmes, et de la parcelle aux territoires »… Pour chaque start-up, il est prévu un ticket moyen de 100k à 150k euros de financement et le même ordre de grandeur en services techniques (expérimentations, expertise…). Il s’agit plutôt de petits montants pour le monde du capital-risque: par comparaison, l’autre fonds français Capagro propose des tickets entre 1 et 5 millions d’euros
Le fonds Unilis revendique d’ailleurs une forme de sobriété : « L’écosystème agtech français continue de bénéficier de conditions financières très favorables, de la part des pouvoirs publics et de la filière, et c'est très bien pour nombre d'initiatives et certaines formes coûteuses en développement (chimie, biocontrôle, intelligence artificielle, ndlr). Mais je pense que pour durer, il faut savoir être sobre ; en agtech, on est souvent dans la slowtech ».

Unilis veut apporter une offre nouvelle sur le marché du capital risque agricole, où opèrent déjà les français Capagro et Demeter : « Les offres existantes mixent du financement et de l’accompagnement stratégique, explique Alexandre Biau. De notre côté, nous allons définir un plan de collaboration technique avec la start-up (expérimentations spécifiques, expertises…). Cela peut être complémentaire avec les autres offres d’accompagnement ; certaines start-up ont besoin, à un certain stade, d’une validation technique, et n’ont pas les moyens de travailler avec Arvalis. »

Pour Arvalis comme pour Unigrains, ce n’est pas la première incursion dans le monde des start-up : Arvalis a lancé le réseau des Digifermes en 2016, avec un volet d’accompagnement dédié aux start-up. De son côté, Unigrains s’était penché sur les start-up depuis 2012, en investissant dans plusieurs fonds de capital-risque: Sofinnova (biotechs industrielles), Seventure (nutrition santé et foodtech, Finistere Ventures(agtech) et Demeter Agrinnovation.

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