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Controverse Usage de pesticides : pomme de discorde entre Greenpeace et les producteurs

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« Pommes empoisonnées », « rapport bidon », « marchands de peur » : la guerre semble déclarée entre Greenpeace, qui a publié le 16 juin un rapport dénonçant « le fardeau toxique que la production industrielle de pommes nous fait porter », et les producteurs de pommes français qui ont vivement réagi aux propos de l'ONG.

Greenpeace a rendu public, le 16 juin, un rapport concluant à la présence excessive de pesticides dans les pommes cultivées en Europe. Présentant les résultats d'analyses de 85 échantillons prélevés dans des vergers de pommes de 12 pays européens (11 échantillons en France), Greenpeace relève que 75% d'entre eux contenaient des résidus de pesticides. Pire, « au moins 70% des pesticides identifiés présentent une toxicité globale élevée pour la santé humaine et la faune sauvage », alerte le rapport intitulé Pommes empoisonnées.

La réaction des producteurs, unanime, n'a pas tardé à venir. L'Association nationale pommes poires (ANPP) a vivement répondu par voie de communiqué de presse le 16 juin. « C'est un rapport bidon que vient de publier Greenpeace », a déclaré Daniel Sauvaitre, président de l'ANPP. L'association assure que « les pommes françaises sont saines, conformes à la réglementation ». Quant aux solutions alternatives préconisées par l'ONG pour limiter l'utilisation de pesticides, l'ANPP rappelle que la quasi totalité d'entre elles « est déjà mise en place depuis… plus de 20 ans ! »

Le collectif Sauvons les fruits et légumes de France s'est également ému de la « calomnie » portée par le rapport. Il reproche aux « marchands de peur » de Greenpeace de vouloir « la peau des producteurs français ». Son porte-parole, Bernard Géry, dénonce le manque de fiabilité d'analyses réalisées « sur le sol et l'eau, bien avant la floraison alors que les fruits ne sont pas encore formés ! ».

Les producteurs vont valoir la qualité sanitaire des produits français

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La Coordination rurale a rappelé que les agriculteurs français « respectent une réglementation […] environnementale et sanitaire parmi les plus dures du monde » et qu'ils ont « mis en place des techniques alternatives, via […] le CTIFL ».

Le Centre technique a d'ailleurs également fait part de son indignation face à « la tentative de manipulation » de Greenpeace et les « nombreuses confusions » contenues dans le rapport qui « laisse à penser que les pommes seraient impropres à la consommation alors même que les analyses réalisées ne portent à aucun moment sur les fruits ». Le CTIFL, tenant à mettre les choses au clair, a affirmé que « les professionnels de la filière fruits et légumes frais […] travaillent avec des méthodes de production très avancées pour offrir aux consommateurs un produit gustatif, sain et produit dans le respect des règles environnementales ». 

Pommes : hausse de la production en perspective

En ce début de campagne 2015, la récolte de pommes s'annonce en hausse de 3% par rapport à l'année dernière, mais encore 4% inférieure à la moyenne quinquennale, selon les données Agreste du ministère de l'Agriculture publiées le 17 juin. La surface de production consacrée à la pomme devrait être 1% plus basse qu'en 2014 et 6% inférieure à la moyenne quinquennale. Au niveau des cours, difficile de se prononcer pour la saison qui démarre. Pour la campagne 2014 – 2015, on a constaté un chiffre d'affaires national en recul de 24% sur un an et de 14% par rapport à la moyenne quinquennale.