En ce début de campagne de vaccination 2025-2026, les filières canards ne peuvent pas encore compter sur un allègement des coûts (vaccin et suivi sanitaire), alors qu’elles en prendront en charge 60 %, contre 30 % en 2024-2025.
Alors que la nouvelle campagne de vaccination des canards contre l’influenza aviaire doit démarrer au 1er octobre, les éleveurs de canards ne peuvent compter ni sur les avantages promis d’un protocole dit « mixte » de vaccination ni sur les économies que l’Etat devrait réaliser du fait de la révision en cours du droit européen en matière de surveillance des lots vaccinés. La possibilité d’associer les deux vaccins existants pour une efficacité renforcée et un coût réduit reste en évaluation par l’Anses et l’école vétérinaire de Toulouse (ENVT). L’étude pilote en conditions d’élevage a été décrite par une instruction technique de la DGAL datée du 19 août, et elle doit durer un cycle long de production.
On pourrait espérer un bilan en fin d’année, selon un mail adressé à Agra Presse par Laure Gobert, responsable Communication et relations publiques de Ceva Santé animale France. Le protocole dit « mixte » à l’étude comprend une primo-vaccination au couvoir avec le vaccin Respons de Ceva et un rappel autour du 28e jour avec le vaccin Volvac de Boehringer Ingelheim. Ce protocole à deux doses – au lieu de trois en cycle long, dont la première au couvoir –, est « une alternative opérationnelle, notamment en réponse aux enjeux logistiques et économiques, tout en assurant un haut niveau de protection jusqu’à la fin du cycle de production », présente l’instruction technique.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Dix millions pour respecter le ratio
L’autre économie attendue de la CFA (aviculteurs de la FNSEA) et des interprofessions Anvol (volailles de chair) et Cifog (palmipèdes à foie gras) réside dans l’allègement de la surveillance des canards vaccinés, c’est-à-dire la recherche du virus. Celle-ci incombe aux services de l’Etat et les filières font valoir que la participation publique aux frais de la campagne 2025-2026 pourrait, du fait d’économies (en prélèvements et analyses), tomber en deçà des 40 % décidés par le gouvernement. Selon le communiqué de la CFA du 10 septembre, il y a « nécessité d’en reverser une partie aux filières, soit 10 millions pour respecter le ratio ». La campagne est censée coûter environ 90 millions d’euros.
La CFA déplore dans ce communiqué qu’aucune de ses propositions de modification de répartition des charges entre les filières et l’Etat n’ait été pour l’heure acceptée. Les interprofessions avaient proposé que l’Etat participe aux frais de fabrication, d’acheminement ou de stockage de vaccins ou de la première injection, confie la directrice, ou qu’il accorde des aides aux éleveurs de canard. « La vaccination coûtera plus que la marge de l’éleveur en canard à rôtir », estime la directrice, Nathalie Feugeas, contactée par Agra Presse.