L’université de Wageningen a sélectionné deux vaccins contre l’influenza aviaire « efficaces en conditions de laboratoire » sur les poules pondeuses. Des résultats à confirmer sur le terrain d’ici l’été.
Les vaccins HVT-H5 de Ceva Santé animale et de Boehringer Ingelheim sont « efficaces en conditions de laboratoire » pour protéger les poules pondeuses de l’influenza aviaire, annonce l’université de Wageningen le 17 mars. Ces produits « se sont révélés efficaces à 100 % pour prévenir la maladie et la mortalité après une infection » par le virus H5N1 hautement pathogène. Au-delà de la « protection contre les symptômes de la maladie », ils ont aussi permis de « prévenir la propagation du virus », précise Nancy Beerens, responsable du Laboratoire national de référence sur l’influenza aviaire, citée dans un communiqué (en anglais).
Et d’ajouter que ces vaccins sont « de bons candidats » pour les essais de terrain, dont les résultats sont attendus à l’été. « Les résultats de l’étude ne peuvent pas être extrapolés au terrain », rappelle l’université. Les tests complémentaires permettront d’évaluer l’efficacité en conditions d’élevage, la durée de protection et le nombre de doses nécessaire. Une fois leur efficacité validée, ces produits devront encore être « enregistrés dans les pays et dans l’UE », rappelle encore le communiqué de Wageningen. Côté pratique, les vaccins de Ceva et Boehringer Ingelheim peuvent « être administrés dans l’œuf ou chez le poussin d’un jour au couvoir ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En France, résultats imminents sur les canards
Également testés, le vaccin à ADN de Huvepharma et le Nobilis de MSD, plus ancien, ne se sont pas avérés aussi efficaces. L’expérimentation a été menée avec l’université d’Utrecht et sous la supervision du ministère de l’Agriculture ; elle a consisté à mesurer la transmission de la maladie dans un groupe de dix poules vaccinées dont cinq avaient reçu le virus. D’autres pays européens mènent aussi des essais sur d’autres espèces : canards en France (résultats attendus en mars), dindes en Italie, poulets de chair en Belgique et Pays-Bas, oies en Hongrie.
Lire aussi Influenza : le ministère financera « une part du coût » du vaccin
En France, dans un avis publié le 16 décembre, l’Anses a écarté la vaccination à court terme des galliformes (poules, dindes, etc.). En particulier, le seul produit autorisé en France (le Nobilis) n’a pas prouvé son efficacité sur les souches actuelles d’influenza, et il n’est disponible qu’en petites quantités. Le rapport sur les essais en cours sur les palmipèdes est, lui, attendu pour le mois de mars. Selon les professionnels comme le ministère, les premiers résultats seraient prometteurs. Restera ensuite à commander des doses, puis établir la stratégie vaccinale (en mai), avant d’envisager une vaccination à l’automne.