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Vaccin influenza : vers une expérimentation sur les reproducteurs

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Afin de protéger le maillon génétique, une nouvelle fois décimé dans les Pays de la Loire, les essais de vaccination devraient être élargis aux canards reproducteurs, selon la filière du foie gras.

À la demande du Cifog (interprofession du foie gras), l’expérimentation du vaccin contre l’influenza aviaire devrait être élargie aux canards reproducteurs, indique sa directrice Marie-Pierre Pé à Agra Presse le 4 janvier. « Les services vétérinaires se sont emparés de cette question, nous attendons qu’un protocole soit proposé », précise-t-elle. Contacté, le ministère de l'Agriculture n'avait pas encore confirmé l'information à l'heure où ces lignes sont écrites. Une trentaine de milliers de palmipèdes (Pékin et Barbarie) seraient potentiellement concernés, et la viande de ces animaux vaccinés serait détruite, apprend-on de source professionnelle.

Grâce à la vaccination, le Cifog souhaite « protéger la génétique, en épargnant les lignées pures et les grands parentaux », ce qui suppose « d’évaluer les vaccins sur des animaux à durée de vie longue ». Or, l’expérimentation en cours porte uniquement sur les canards mulards, qui sont engraissés pour produire du foie gras et abattus à l’âge de trois mois et demi. Cet essai doit se conclure en mars ; il sera suivi de la présentation d’un avis de l’Anses, puis de celle de la stratégie vaccinale du ministère de l’Agriculture (en mai). Avec l’objectif de vacciner les animaux à l’automne, avant la prochaine saison à risque.

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Poursuite de la pénurie de canetons

Après un premier épisode dévastateur au printemps 2022, l’influenza aviaire provoque à nouveau d’importants dégâts dans les élevages de reproduction des Pays de la Loire, avec la moitié du potentiel de production détruit. Alors que la région concentre les trois quarts de la génétique en canards, la pénurie de canetons devrait se poursuivre dans les semaines qui viennent. Le 22 décembre, le ministère de l’Agriculture a annoncé des « mesures de sauvegarde des reproducteurs de la filière palmipèdes gras ». Selon Marie-Pierre Pé, il s’agit de « dépeuplements prioritaires autour des sites stratégiques ».

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Lors d’une conférence de presse en octobre 2022, le Cifog appelait déjà à « protéger les accouveurs ». « Notre approvisionnement [en canetons] est à 100 % national, il n’existe aucun moyen de s’approvisionner ailleurs », faisait valoir son président Éric Dumas. Au printemps 2022, le précédent épisode d’influenza avait déjà anéanti « plus de 90 % des reproducteurs », rappelait Marie-Pierre Pé à cette occasion. Ajoutée à l’impact direct de la maladie, la pénurie de canetons avait provoqué une chute d’un tiers de la production de foie gras en 2022.

« Évaluer les vaccins sur des animaux à durée de vie longue »