La start-up Valbiotis, créée en 2014, a lancé un deuxième appel de fonds qui doit lui permettre de mener à bien ses recherches visant à obtenir l'aval de l'EFSA pour un nouveau complément alimentaire. Elle pourrait faire entrer des industriels à son tour de table.
Accompagner des industriels dans le cadre de programmes de co-développement de produits nutraceutiques. C'est ce que propose la société Valbiotis. Cette startup, créée en 2014 à La Rochelle, a été la toute première depuis l'application du décret mis en place fin 2013, début 2014 sur les allégations nutritionnelles de santé à obtenir un avis positif de l'EFSA pour un de ses compléments alimentaires dont les allégations de diminution sur le mauvais cholestérol ont été prouvées.
Si l'intérêt de l'utilisation de compléments alimentaires est clairement établi pour prévenir certaines maladies cardio-vasculaires notamment, leur utilisation est très encadrée depuis l'adoption du règlement européen sur les allégations nutritionnelles de santé qui a conduit à la disparition de 99 % des produits développés jusqu'alors par l'industrie agroalimentaire. Les seules allégations de santé autorisées sans examen par l'EFSA sont génériques et concernent principalement les vitamines et les minéraux.
UN APPEL DE FONDS POUR FINANCER LA R&D
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Un durcissement de la réglementation plutôt bienvenu pour des sociétés qui, comme Valbiotis, ont développé un véritable savoir-faire dans le domaine des compléments alimentaires, un marché estimé à 60 milliards d'euros au niveau mondial. Ses équipes qui travaillent actuellement au développement de plusieurs compléments santé sur le syndrome métabolique, ont notamment découvert un complément alimentaire actif sur la glycémie. Si l'obtention d'un tel label auprès de l'EFSA ouvre certes plus de portes, notamment celles de l'export, où certains pays sont particulièrement friands de normes européennes, le processus d'obtention est très long. « Cinq à six ans années de tests et d'analyses sont nécessaires avant la commercialisation d'un produit certifié », prévient en effet Philippe Charier, directeur général de Valbiotis. C'est pourquoi la société, qui a déjà mobilisé 1,3 million d'euros de fonds à l'automne dernier avec le soutien de Sofimac Partners et du fonds régional Poitou-Charentes, vient de lancer un deuxième appel de fonds. « Nous aurons besoin de 2 à 3 millions d'euros en fin d'année ou au début de 2016 », estime Philippe Charier. De fait, « les premiers tests humains sont prévus pour la fin de l'année, voire début 2016, avant le traitement du dossier pour l'obtention du label européen que nous pourrions obtenir courant 2018 », pronostique ce dernier.
Forte de son expérience et partant du constat qu'obtenir une allégation santé prend du temps, Valbiotis a décidé de s'adresser à des industriels de la pharmacie, de l'agroalimentaire et des ingrédients. « Les groupes que nous contactons voient que nous travaillons sur des compétences rares autour des trois facteurs clés du syndrome métabolique ». Valbiotis figure dans le palmarès publié par le magazine Challenges des start-up dans lesquelles il faut investir en 2015. Le premier tour de table avait permis de créer de la valeur, maintenant Valbiotis doit confirmer l'essai.