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Tour de vignoble Vallée du Rhône : rattrapage de la production de vin en 2011

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Le vignoble de la Vallée du Rhône a retrouvé en 2011 un niveau de production de vin qui se rapproche de la normale, après trois années de récoltes « historiquement faibles », indique-t-on à Inter Rhône, l’interprofession régionale. La commercialisation quant à elle marque le pas.

La production du vignoble de la Vallée du Rhône a refranchi la barre des trois millions d’hectolitres en 2011, niveau inconnu depuis 2007. Elle s’est élevée à 3 090 000 hectolitres. À comparer avec les 2,8 à 2,9 millions d’hectolitres (Mhl) produits en 2008, 2009 et 2010.
« Il n’empêche que cela reste une petite production. Avant 2008, la production était de l’ordre de 3,2-3,3 Mhl », commente Brice Eymard, responsable des questions économiques à Inter Rhône.

Réchauffement, encépagement et vieillissement

Le vignoble de la Vallée du Rhône cumule l’effet de trois années chaudes, qui ont eu pour effet de concentrer le jus, d’arrachages, de ré-encépagements qui mettent du temps à produire et d’un vieillissement des plants. Les ré-encépagements concernent 3 000 hectares sur les 71 000 que compte le vignoble, dont 2 000 pour les appellations Côtes du Rhône régionaux (surface : 35 000 hectares). Après une replantation, il faut trois ans avant que la vigne se mette à produire. Quant au vieillissement des vignes, c’est un choix qui est fait par un certain nombre de vignerons pour bonifier la qualité. « Une vigne de plus de dix ans donne un vin intéressant. Des vignerons cherchent à tirer le meilleur de leur vigne en termes de qualité avant l’arrachage, même si cela se fait au détriment du rendement », explique Olivier Legrand, directeur du marketing à l’interprofession.
Déjà le rendement de la Vallée du Rhône est relativement bas, comparé à celui du Bordeaux : 42 à 48 hectolitres à l’hectare, contre 60 hectolitres.

Commercialisation : tassement en France, dynamisme américain et chinois

Côté commercialisation, les ventes en grande distribution se sont tassées de 0,9% sur la période mai 2011-avril 2012, comparée à mai 2010-avril 2011, dont -2,2% en vins rouges de la Vallée du Rhône, et dont -3,8% en vins rouges de l’appellation Côtes-du-Rhône. Le segment le plus atteint par la morosité est celui des bouteilles de moins de trois euros, reflétant la recherche d’économies par les ménages modestes, a relaté Brice Eymard. À l’exportation, on constate une morosité analogue des consommateurs dans les pays européens proches comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse.
En revanche, l’exportation vers l’Allemagne, les États-Unis et la Chine est « bien orientée ». « Nos débouchés sont en forte augmentation aux États-Unis », avait déclaré Philippe Pellaton, vice-président d’Inter Rhône et président du syndicat des producteurs du vignoble, le 14 mai lors d’une présentation des vins de la Vallée du Rhône à Paris. Le profil des vins de cette région est celui de vins fruités, avec l’avantage de masquer leur caractère « alcooleux «  et « jeune », « profil qui correspond au goût des Américains ».
Quant au marché asiatique, son ralentissement attendu n’empêche pas le dynamisme de la demande chinoise en vins français et notamment de la Vallée du Rhône, avait indiqué Olivier Legrand lors de la présentation parisienne du 14 mai.

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