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Vegskin va lancer son pilote industriel de cuir à base de bananes

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Echantillons de Vegskin. Crédits : © Vegskin

Après 4 ans de R&D et de prototypes pour élaborer du cuir végétal à base de bananes, la start-up nordiste cherche à lever 750 K€ pour financer son passage à l’échelon industriel. 

Rien ne prédestinait Anaëlle et Loïc Debrabander à mettre au point un substitut 100% végétal au cuir animal. « Jusqu’en 2020, Anaëlle travaillait comme conseillère en image et moi j’étais responsable commercial. L’idée de Vegskin résulte essentiellement de nos convictions pour la défense du bien-être animal et de l’environnement avec l’envie résolue de passer à l’acte», explique Loïc Debrabander. 

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Il y a quatre ans, ils commencent donc à étudier le marché des substituts végétaux au cuir animal, une activité dont l’impact est particulièrement dommageable pour l’environnement. Ils se documentent, se forment sur le tas et lancent leurs premiers essais dans le garage de leur maison à Wattrelos (métropole lilloise). « On s’est vite aperçus que les alternatives au cuir animal, souvent présentées comme greens étaient en fait majoritairement issues de la pétrochimie, dérivées des plastiques», assure-t-il. 

Aujourd’hui âgés de 38 ans, Anaëlle et Loïc Debrabander testent des intrants de fruits et légumes, notamment des bananes, des mangues et des kakis et finissent par créer leur propre formulation à base de bananes entières. Leur projet souhaite aussi valoriser le plus possible des déchets, en l’occurrence des fruits abimés provenant directement du Port de Dunkerque par lequel transitent 80% des bananes consommées en France. « C’est un gisement potentiel d’au moins 30 000 tonnes par an de fruits « impropres » à la consommation, et peu valorisés», assure Loïc Debrabander. 

8 kilos de fruits pour créer 1 m2 de Vegskin

Après la création de leur société Vegskin début 2022 (105 K€ de capital), les Debrabander entrent en contact avec l’Unité Transformations et Agroressources de l’IUT de Béthune pour optimiser la formulation et valider les premiers tests de résistance mécanique, d’élasticité et de résilience de leur cuir. « On utilise 8 kilos de fruits pour créer 1 m2 de Vegskin », explique-t-il, sans en dévoiler davantage, secret de fabrication oblige. 

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Le potentiel de développement de Vegskin pourrait être important car, selon une étude de Material Innovation Initiative, le marché mondial des cuirs alternatifs tous matériaux confondus (polyurétane, bio-plastique, myceliums…) devrait passer de 220 M$ à 2,2 Mrd$ d’ici à 2027. 

Soutenue par 60 K€ de subventions (Région Hauts-de-France et Bpi France), 70 K€ de prêts d’honneur et d’amorçage (Réseau initiative et Bpi France), la start-up démarche depuis mai pour concrétiser une levée de fonds de 750 K€ dont 500K€ en capital. Objectifs : se doter d’un site de production et de machines de transformation pour passer à une dimension industrielle avec la possibilité de sortir des plaques d’1 m2. « Nous vendons déjà des échantillons à des artisans qui veulent tester cette alternative et sommes en contact avec plusieurs entreprises du luxe mais il nous faudrait rapidement atteindre une capacité de production de 25 à 30 m2/jour », conclut-il.