Le Conseil agricole du 15 mai à Bruxelles sera l’occasion pour les Vingt-sept d’entamer les négociations sur l’une des mesures phares de la proposition de réforme de la Pac: le verdissement des soutiens du premier pilier. La plupart d’entre eux estiment que le dispositif mis sur la table par Bruxelles est beaucoup trop rigide. Dans les grandes lignes, 30 % des paiements du premier pilier de la Pac seraient octroyés aux agriculteurs qui respecteraient les trois dispositions environnementales suivantes : diversification des cultures, maintien des pâturages permanents et mise en place de réservoirs écologiques sur au moins 7 % de la surface des exploitations. Les États membres, qui ont déjà commencé à travailler en coulisse à des contre-propositions, veulent plus de flexibilité pour que ces mesures, disent-ils, soient plus cohérentes avec les spécificités territoriales locales. Dans un rapport de l’Institut européen pour les politiques environnementales (IEEP) sur la biodiversité dans les zones agricoles – financé par la Commission européenne –, les auteurs soulignent que la Pac doit « laisser suffisamment d’éléments à la discrétion des États membres pour leur permettre d’utiliser des mesures dans les combinaisons les plus appropriées (…) pour répondre aux priorités et besoins identifiés localement». La Commission, consciente que sa proposition aura du mal à emporter l’adhésion, a déjà commencé à faire circuler un premier texte de compromis. En demandant beaucoup au départ, elle obtiendra peut-être ce qu’elle voulait.
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