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Vers l’automatisation de la pesée et du pointage des veaux grâce au projet Pheno3D

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Pheno3D mesure les différents paramètres nécessaires à l’obtention de la note de pointage. Crédits : © Eliance

Le projet Pheno3D promet d’automatiser la pesée et le pointage des veaux de races allaitantes grâce à un scanner 3D et au traitement des images obtenues par l’IA. De premières expérimentations ont été réalisées sur des veaux de race Charolaise, avant d’être étendues à d’autres. 

Essentiel pour le suivi de la croissance et de la morphologie des veaux de la filière viande et la sélection des reproducteurs, le contrôle de performance dans le secteur allaitant (pesée et pointage) présente plusieurs biais (coût de la formation, remplacements des pointeurs…). Lancé en 2020, le projet Pheno3D entend automatiser ces opérations grâce au phénotypage à haut débit avec l’imagerie 3D. Le projet est mené par le réseau Bovins Croissance d’Eliance, l’Institut de l’élevage (Idele), Races de France, et le bureau d’études 3D Ouest, chargé de créer le scanner.

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Le scanner 3D se présente sous la forme d’un portique métallique de 3x3 mètres, équipé de 5 paires de caméras afin de scanner entièrement l’animal. Une fois le veau passé sous le portique, une image traitée et nettoyée par un algorithme est obtenue, avant d’être ensuite analysée par un autre algorithme qui donne les données de pointage et de poids. À terme, le but est d’obtenir ces informations de manière instantanée et automatique, « avec un seul passage par animal », souligne Maxence Bruyas, chef du projet Pheno3D à Eliance. 

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En lançant ce projet, les acteurs du secteur ont aussi voulu « éliminer ‘l’effet pointeur’, le biais humain » présent dans les évaluations actuelles, explique Maxence Bruyas. Le but est d’obtenir l’homogénéité des évaluations de pointage avec « un seul pointeur dans toute la France et pour toutes les races, le scanner et ses algorithmes. Le but n’est pas de remplacer les pointeurs, mais de les accompagner. Le pointeur gardera ses compétences pour le tri des animaux et le conseil auprès de l’éleveur pour la sélection de son troupeau », poursuit-il. 

Dix races bovines seront scannées au total

Pour s’assurer de la validité du scanner, les membres du projet Pheno3D ont testé la corrélation entre des mesures effectuées à la main sur les animaux et celles des images prises grâce au scanner. Ainsi, sur les cinq mesures relevées, la corrélation était supérieure à 0,88, « largement au-dessus des 0,7 visés », note Maxence Bruyas. Les tests de reproductibilité, au cours desquels les chercheurs comparaient deux images d’un même animal, ont aussi été concluants avec « un écart maximum de 2,7% entre chaque mesure, bien inférieur au 4% fixé ». Pour mener le projet à bien, il est essentiel de constituer une base de données des différentes races allaitantes. Au total, dix races bovines seront scannées dans la base de données, en commençant par la race Charolaise. « Ces collectes nous servent à avoir une base de données pour chaque race », souligne Maxence Bruyas. « Chaque image va passer dans plusieurs algorithmes jusqu’à obtenir un poids et une note de pointage composée d’une note de développement squelettique et d’une note de développement musculaire. » Les premiers résultats obtenus sur les veaux allaitants de race Charolaise « ont beaucoup rassuré les différents réseaux », poursuit le chef de projet. 

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Pour accélérer la collecte de données de chaque race, l’équipe doit recevoir un deuxième prototype de scanner pilotable avec une tablette ou un smartphone à la fin du mois de février 2024, en attendant un ou deux prototypes supplémentaires d’ici la fin de l’année. Maxence Bruyas espère que « tous les algorithmes des races seront finalisés d’ici fin 2025 et que nous pourrons commencer à industrialiser l’outil, avant qu’il n’arrive dans les structures Bovins Croissance courant 2026. » Ainsi, « il sera possible d’effectuer le pointage plus fréquemment, par exemple à la même fréquence que les pesées, qui ont lieu deux à trois fois avant le sevrage ».