Abonné

Biodiversité Vers un « Giec » de la biodiversité

- - 3 min

Les Etats se donnent pour mission en 2010, année de la biodiversité, de créer un GIEC de la biodiversité comme il en existe un pour le climat, et d’élaborer des indicateurs reconnus. Leurs représentants présents lors de l’inauguration de l’Année internationale de la biodiversité le 21 janvier à l’Unesco à Paris, ont souligné le besoin d’avancer sur ce sujet.

Une des priorités en matière de biodiversité, a déclaré Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie qui représentait la France, est de créer une autorité scientifique mondiale, un groupe de type GIEC (Groupe intergouvernemental sur le changement climatique), pour parvenir à un consensus scientifique, une mobilisation rapide des connaissances et des experts, et une prise de conscience accrue des conséquences de la perte de biodiversité.
« Il faut que cet organisme voit le jour en 2010 », a-t-elle affirmé, évoquant l’IPBES (Interface on Biodiversity and Ecosystem Services) déjà existante et recommandant de lui trouver un autre nom. Cette position est relayée par de nombreux pays. « Le Fonds pour l’environnement mondial a financé les premiers travaux de l’IPBS et est prêt à financer la deuxième phase », a déclaré Monique Barbut, directrice générale et présidente du fonds.
La deuxième priorité partagée est d’évaluer les services rendus par la biodiversité. Les conséquences économiques de la perte de la biodiversité seront encore plus importantes que celles dues aux problèmes climatiques, selon Chantal Jouanno. Constatant que la perte de biodiversité est plus rapide que le réchauffement climatique, elle y voit la cause d’une première crise mondiale qui sera une crise alimentaire.

Constat d’échec de la convention de 1992
La troisième priorité est de réaliser un inventaire de la biodiversité, ce qui demande la mise en place d’une méthodologie avec les autres pays. Elle a annoncé à cette occasion le lancement d’une « Fête de la nature » qui se tiendra fin mai en France et qui sera destinée à sensibiliser le grand public. Les intervenants étaient d’accord pour reconnaître la nécessité d’une action forte cette année car l’érosion de la biodiversité s’est aggravée depuis l’adoption en 1992 à Rio de Janeiro de la Convention sur la diversité biologique (CDB) signée par 168 pays. Cette convention, qui avait pour objectif de stopper l’érosion de la biodiversité en 2010, a échoué.
« Près des deux tiers des écosystèmes sont actuellement exploités au-delà de leurs capacités, et la moitié des espèces vivantes connues pourrait disparaître d’ici un siècle », selon le ministère de l’Ecologie.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.