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Assurance Vers une assurance des prairies pour les éleveurs en 2013

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Un colloque sur l’assurance agricole, organisé par Farm-Pluriagri (fondation pour l’agriculture et la ruralité dans le monde), se tenait à Paris le 18 décembre. Le Crédit agricole a annoncé que le dispositif d’assurance des prairies pour les éleveurs est en bonne voie.

«Le développement d'une assurance des prairies devrait voir le jour prochainement », a déclaré Thierry Langreney, directeur général de Pacifica (filiale d'assurances dommages du Crédit Agricole) lors du colloque sur l'assurance agricole, organisé par Farm - Pluriagri (Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde), le 18 décembre à Paris. Un test du dispositif d'assurance des prairies sera effectué par le Crédit Agricole courant 2013. Pour rappel, les prairies, qui représentent 40% de la surface agricole utile, ne sont pas couvertes par des produits d’assurance climatique. L’assurance sera de type indicielle, c’est-à-dire qu’elle est basée notamment sur des indices météorologiques ou de rendement (pluie, rendement, humidité, température). Concrètement, l’assureur privé n’a pas besoin de mobiliser des experts dans les champs pour évaluer les pertes. Dans le cas de l’assurance indicielle pour les prairies, il s’agira d’un seuil de rendement au-dessous duquel les indemnisations seront déclenchées. La mise en place de ce type d’assurance pour les éleveurs tarde car l’évaluation technique des pertes est compliquée.
« Les fourrages sont autoconsommés sur l’exploitation. Ils ne sont pas vendus », continue-t-il. Difficile donc d’évaluer les pertes en termes de prix de vente. Néanmoins, le directeur général de Pacifica a expliqué que le fossé technique était quasiment franchi. Le Crédit agricole travaille en partenariat avec un opérateur de satellites qui pourra suivre et évaluer les pertes de fourrages des surfaces considérées. Passées les barrières techniques, un test sera effectué courant 2013. « Toutefois, les montants financiers impliqués peuvent être colossaux », explique-t-il. Et pour cause, la sécheresse est un événement qui, en général, a « une envergure nationale ». Le directeur général de Pacifica interpelle donc les pouvoirs publics : « Rien ne sera possible sans la participation de l'Etat en réassurance pour les cas de sécheresse extrême. Il faut partager le risque ». Pour rappel, en 2010, c’est 161 millions d’euros de cotisations pour les assurances agricoles (les aides publiques, qui allègent le poids de l’assurance pour les agriculteurs, se chiffraient à 54,1 millions d’euros) qui ont été enregistrés par Pacifica pour 126 millions d’euros de sinistres réglés.

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