Abonné

Gaspillage alimentaire Vers une défiscalisation du don de fruits et légumes

- - 3 min

Guillaume Garot, ancien ministre de l'Agroalimentaire, a rendu un rapport sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, le 15 avril. Il y fait une douzaine de propositions concrètes : mise en place d'une agence nationale, défiscalisation du don des fruits et légumes…

« Les discussions sont en cours à Bercy pour une défiscalisation du don des fruits et légumes transformés », a déclaré Stéphane Le Foll, lors de la présentation du rapport de l'ancien ministre Guillaume Garot à Paris sur le gaspillage alimentaire, le 14 avril. Cette démarche existe déjà pour le lait et les œufs. Autre proposition de Guillaume Garot : la restructuration de l'Ademe (agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie) pour élargir ses compétences à la lutte contre le gaspillage alimentaire. « En l'état, il s'agit de propositions », précise Guillaume Garot. L'enjeu est de taille à quelques mois de la conférence Paris climat 2015 : le gaspillage alimentaire est le 3e émetteur mondial de gaz à effet de serre, selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation). Guillaume Garot a aussi rappelé qu'en France, les experts estiment le coût du gaspillage alimentaire à 100 euros par personne et par an, soit 12 à 20 milliards d'euros chaque année. L'objectif français de réduction du gaspillage alimentaire est de 50% à l'horizon 2025. Il est inscrit dans le pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire instauré en 2013. D'autres propositions ont été identifiées. Par exemple, Guillaume Garot propose de rendre obligatoire le don des invendus alimentaires consommables à toute association caritative qui en fait la demande. Les deux ministres en présence, Stéphane Le Foll pour l'Agriculture et Ségolène Royal pour l'Ecologie, ont souligné la nécessité de préciser « à toute association caritative qui en fait la demande ». Dans le cas contraire, des associations pourraient ne plus savoir que faire des invendus.

Pas de recours systématique à la loi

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

gaspillage
Suivi
Suivre

Côté producteurs, l'organisation Coop de France (coopératives agricoles) a souligné, dans un communiqué diffusé le 15 avril, qu'elle est « disposée à contribuer aux travaux à venir » s'agissant de la lutte contre le gaspillage alimentaire. La veille, un rapport préconisait plusieurs démarches pour accélérer le mouvement : défiscalisation du don de fruits et légumes transformés, mise en place d'une agence nationale contre le gaspillage alimentaire, etc. Coop de France émet quelques réserves : la coopération veut agir pour la simplification et le soutien aux bonnes pratiques volontaires, « plutôt qu'un recours systématique à la loi ». Par ailleurs, les bonnes pratiques en cours ne sont pas « suffisamment » mises en avant.