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Vers une détection simplifiée du déficit énergétique chez la vache laitière

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Les vaches en déficit énergétique voient leur production de lait diminuer. Crédits : © JackieLou DL/Pixabay

Une récente étude menée par l’Inrae et l’Idele s’est penchée sur la détection du déficit énergétique chez la vache laitière, non plus à l’aide d’une prise de sang, mais grâce à une analyse du lait. 

Responsable d’une baisse de la production de lait, le déficit énergétique touche de nombreuses vaches laitières, surtout en début de lactation, quand leurs apports alimentaires ne couvrent pas leurs besoins énergétiques. Aujourd’hui, ce déficit reste détecté tardivement, lorsqu'il entraine des troubles, et donc une fois les premiers signes visibles, suivi par une prise de sang pour confirmer le diagnostic. 

L’Inrae et l’Idele ont lancé un projet pour développer une méthode de détection moins invasive et plus respectueuse de l’animal du déficit énergétique chez la vache laitière, à partir d’échantillons de lait. Le projet a été mené par Fabienne Le Provost, directrice de recherche à l’UMR Génétique Animale et Biologie Intégrative (GABI) et Marion Boutinaud, directrice de recherche à l’UMR Physiologie, Environnement et Génétique pour l'Animal et les Systèmes d'Élevage (PEGASE). Leurs résultats ont été publiés dans la revue Molecular Omics le 21 mai 2025. 

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« Nous proposons de trouver des éléments dans le lait pour détecter le déficit énergétique dès que possible », explique Marion Boutinaud. Pour trouver dans le lait les biomarqueurs signalant un déficit énergétique, les chercheurs ont soumis deux groupes de 8 vaches chacun à une restriction alimentaire. Le premier était soumis à une restriction alimentaire de 64% pendant 6 jours, alors que le second a connu une restriction de 20% pendant 29 jours. Des échantillons de lait étaient prélevés avant, pendant et après la période de restriction. 

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Des biomarqueurs « universels »

Dans leurs conclusions, les chercheurs ont relevé la présence de certains biomarqueurs présents dans le lait comme « des métabolites, des protéines et des microARNs », souligne Fabienne Le Provost. « Nous avons pris des biomarqueurs qui nous semblent signer le déficit énergétique, quel que soit le degré de déficit. Si nous voulons développer des outils pour les éleveurs, nous devons trouver des marqueurs utilisables dans toutes les situations. L’intérêt d’avoir deux protocoles différents était de dégager des biomarqueurs un peu ‘universels’. »

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Même si ces découvertes doivent encore être testées et vérifiées sur le terrain, les deux directrices de recherche espèrent que leurs résultats seront repris par des acteurs du secteur. À terme, ils pourraient proposer un outil pour permettre aux éleveurs de procéder aux tests eux-mêmes, dès qu’ils soupçonnent un déficit énergétique chez une de leurs vaches, afin de traiter le problème le plus rapidement possible sans affecter la production de lait