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Vers une hausse du prix de l’alimentation animale

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Dans les prochains mois, il y aura « clairement une augmentation des coûts de production » des fabricants d’alimentation animale, prévient François Cholat, président du Snia (industriels), invité lors d’une conférence de presse de FranceAgriMer le 13 mai. En cause : la hausse du coût du transport, les répercussions de la crise sanitaire, mais aussi « l’augmentation importante du prix des vitamines et oligo-éléments ». M. Cholat a cité l’exemple de la biotine (vitamine B8), importée de Chine, dont le prix a été « multiplié par huit fin mars, début avril ».

Selon le Snia, il est toutefois trop tôt pour quantifier les hausses de prix que subiront les clients, car les marchandises concernées « ne sont pas encore traitées ». Écartant pour l’heure le risque de rupture en vitamines et oligo-éléments, il estime qu'« on verra l’effet à partir de juillet » au niveau des fabricants. « Il y a un vrai risque que les fabricants d’aliments soient pris en étau », prévient François Cholat, vu la « nécessité de répercuter ce surcoût dans un système qui freine l’inflation ».

Malgré les problèmes logistiques et des difficultés d’approvisionnement en colza non-OGM, « on a pu alimenter en temps et en heure tous les éleveurs, en quantité comme en qualité », affirme-t-il. D’après les derniers chiffres du Snia, la production d’aliments du bétail est stable à fin mars (+0,02 % en un an). Mais son président reste « extrêmement inquiet pour la suite », le Snia prévoyant un recul de la production de 4 % pour 2020, principalement pour cause de réduction de la production laitière. Le ralentissement de certaines filières en volailles très présentes en restauration (poulet de Bresse, pintade, caille, pigeons, canard, etc.) explique aussi dans ces prévisions pessimistes.

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La réouverture attendue de la restauration, « traditionnellement importatrice de produits compétitifs », va « challenger nos filières françaises », estime de son côté Jean-Luc Cade, président de la section Nutrition animale de la Coopération agricole. « La RHD va bénéficier d’aides publiques, il faut les mettre autour de la table pour voir comment privilégier les produits français », estime le responsable coopératif.

Le Snia prévoit -4 % de production pour 2020, principalement pour cause de réduction de la production laitière