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Fnab Vers une marque bio française

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La FNAB a voté, lors de son assemblée générale le 27 mars, en faveur de la création d’une identification « agriculture biologique » française plus stricte que le réglement européen qui va bientôt entrer en vigueur. Les producteurs bio espèrent pouvoir récupérer le logo AB – en partenariat avec les autres acteurs de la filière – pour bénéficier de sa bonne image de marque auprès des consommateurs.

La FNAB a décidé de créer une marque privée française de l’agriculture biologique lors de son assemblée générale qui s’est tenue les 26 et 27 mars 2008 à Benoîte-Vaux (dans la Meuse). La Fédération nationale de l’agriculture biologique considère en effet la nouvelle réglementation européenne, adoptée en juin 2007, comme une régression par rapport au cahier des charges jusqu’à présent en vigueur. Les adhérents ont adopté à l’unanimité le rapport d’orientation qui préconise la mise en place d’une identification conservant les exigences françaises associées au logo AB. Des groupes de réflexion sur le sujet vont maintenant se mettre en action.

Trop de largesses dans le réglement européen

Les producteurs de bio français (la FNAB en représente 60 %) contestent le nouveau texte principalement sur trois points. Le premier : la règle de flexibilité qui permet à un producteur, arguments à l’appui, de légèrement diminuer le niveau d’exigence de la réglementation. Le niveau toléré de contamination accidentelle par les OGM de 0,9 % pose également problème. Sur les pratiques d’élevage enfin, l’absence d’obligation de lien au sol, une possibilité d’abaissement de l’âge d’abattage des volailles et l’autorisation systématique de traitement allopathique gênent la fédération. « Il y a trop de largesses dans ces domaines et on ne tient pas à voir baisser la perception qu’ont les consommateurs du niveau de qualité des produits issus de l’agriculture biologique », s’inquiète François Thiery vice-président de la FNAB.

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Se protéger des importations

C’est donc pour préserver les acquis de l’agriculture biologique française que l’idée d’une marque est envisagée. François Thiery explique « qu’en Allemagne ou en Grande-Bretagne, le changement de règlement ne les affecte pas puisque près des trois quarts de leur production est commercialisée sous forme de marque dont le cahier des charges ne sera pas modifié ». Il craint donc que dans ces pays, certains se mettent à produire selon le nouveau règlement uniquement pour exporter vers les pays où les marques ne sont pas implantées. « Il ne faut pas que la France devienne l’exutoire de toutes les moins bonnes productions biologiques », prévient-il.

Récupérer le logo AB

Seulement, le lancement d’une marque ou d’un label va demander un investissement très important. Pour y pallier, la FNAB espère pouvoir récupérer le logo AB – actuellement propriété du ministère de l’Agriculture – qui va être abandonné à la faveur d’un visuel européen. « Cela nous coûterait beaucoup moins cher en termes de communication auprès de grand public en profitant de la renommé que nous avons contribué à donner à ce logo », estime François Thiery. Encore faut-il que le ministère accepte de le céder. Un tel projet ne pourra se faire que si l’ensemble des acteurs de la filière (producteurs, transformateurs et distributeurs) travaillent main dans la main. Comme il n’existe pas d’interprofession du bio, il est fort à parier que si un consensus sur la création d’une identification venait à apparaître c’est l’agence bio qui aurait en charge sa gestion. Invité à débattre en clôture de l’assemblée générale, Stéphane Le Foll, député socialiste européen, a quand même tenu à mettre en garde les producteurs contre une certaine forme de scepticisme face à l’UE en rappelant que c’est à cette échelle qu’il fallait porter le débat pour que cette ambition serve à l’ensemble de la communauté.