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UE/Politique de qualité Vers une mention du lieu de production dans l’étiquetage ?

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Réunis les 22 et 23 juin à Luxembourg, les ministres de l’agriculture de l’UE ont apporté leur soutien à une série de suggestions contenues dans la communication de la Commission sur la qualité des produits agroalimentaires. Parmi celles-ci la possibilité de rendre obligatoire l’étiquetage relatif à l’origine ou au lieu de production d’un produit. Une suggestion, largement plébiscitée par les producteurs et les consommateurs mais qui n’est pas du goût des transformateurs et des négociants. Ceux-ci invoquent notamment les difficultés d’étiquetage du lieu de production des produits contenant plusieurs ingrédients et autres produits transformés, comme par exemple les produits laitiers.

« Nous sommes arrivés à un consensus unanime en ce qui concerne la future politique de qualité des denrées alimentaires dans l’UE en nous basant sur les suggestions de la Communication de la Commission à ce sujet », a indiqué Jakub Sebesta, le ministre tchèque de l’agriculture, à l’issue du Conseil agricole de l’UE les 22 et 23 juin à Luxembourg. Selon lui, une politique de qualité « est la seule voie pour garantir une meilleure production agricole et une valeur ajoutée supérieure aux produits agricoles européens ». Dans les conclusions qu’ils ont publiées sur la Communication de la Commission sur la qualité des denrées alimentaires, les ministres de l’agriculture de l’UE considèrent qu’une « approche européenne commune en matière de qualité est essentielle pour préserver les intérêts de l’UE face aux pays tiers ». Ils y affichent leur volonté d’améliorer la politique de qualité, notamment en assurant une meilleure communication entre les agriculteurs, les acheteurs et les consommateurs. Ils estiment également nécessaire de simplifier les procédures relatives aux divers systèmes et différentes mentions d’étiquetage pour les agriculteurs et les producteurs et de clarifier ceux-ci au bénéfice des consommateurs.

Les ministres prônent un plus ample examen
Tout en rappelant que les agriculteurs et les consommateurs préconisent une utilisation accrue de l’étiquetage relatif au lieu de production, les « 27 » estiment qu’il faudrait rester « attentif à la cohérence avec l’ensemble de la législation communautaire pertinente en matière d’étiquetage ». Ils invitent donc la Commission à examiner « dans quels domaines l’utilisation de l’étiquetage du lieu de production pourrait répondre à ces attentes ». Comme on le sait, cette suggestion de la Commission de rendre obligatoire la mention de l’origine des produits fait suite à une large consultation publique portant sur la qualité des produits agricoles. Contrairement aux agriculteurs et aux consommateurs qui se sont massivement exprimés en faveur d’une plus grande utilisation de ce type d’étiquetage, les transformateurs, comme par exemple l’industrie laitière, s’est affichée résolument contre aussi bien pour les produits européens que pour ceux originaires des pays tiers. Pour European Dairy Association, son lobby à Bruxelles, « il est indispensable d’en rester aux règles actuelles (règlement 2000/13 sur l’étiquetage) qui prévoient l’apposition du lieu de production de façon volontaire » et qui sont « largement acceptées à travers le monde notamment par le biais des normes d’étiquetage des aliments pré-emballés du Codex alimentarius ». La Communication de la Commission indique tout de même que dans l’éventualité d’une nouvelle règlementation « elle tiendra compte des préoccupations des transformateurs et des détaillants, qui craignent d’avoir beaucoup de mal à retrouver l’origine des ingrédients contenus dans les produits transformés ».
Fusionner les trois systèmes d’appellations protégées
Les ministres de l’agriculture de l’UE invitent par ailleurs la Commission à préparer le terrain en vue d’une éventuelle refonte de la législation sur les indications géographiques (IG) et à examiner la possibilité de fusionner les trois systèmes d’enregistrement existant pour les vins, pour les spiritueux et pour les produits agricoles et denrées alimentaires. Ceci à des fins de cohérence, de simplification et de clarté pour les parties intéressées, « tout en respectant pleinement les spécificités de ces systèmes et en veillant à ce que la structure réglementaire qui en résulte n’entraîne pas une augmentation de la charge administrative ». Ils encouragent la Commission à poursuivre ses efforts de simplification, de clarification et de rationalisation des systèmes des IG de l’UE et appellent à une meilleure reconnaissance de ceux-ci.
Protection vis à vis des imitations des pays tiers
Les ministres ont confié à la Commission la mission de renforcer la protection des IG de l’UE dans les pays tiers grâce à des améliorations dans le cadre de l’OMC et à la conclusion d’accords bilatéraux. Cette protection pourrait également se faire en incluant les IG dans le champ d’application de l’Accord commercial de lutte contre la contrefaçon et dans les compétences du futur Observatoire européen de la contrefaçon et du piratage. Ils appuient aussi les suggestions visant à rationaliser les procédures administratives en vue de raccourcir les procédures d’enregistrement et de rendre ainsi le système des AOP et des IG plus intéressant pour les producteurs et les transformateurs. Les ministres approuvent enfin l’intention de la Commission de promouvoir la reconnaissance de normes de production biologique entre l’UE et les pays tiers et insistent sur la question des contrôles à cet égard. Ils attendent avec intérêt le rapport sur l’application de la législation en vigueur que la Commission présentera en 2011 au Conseil et au Parlement européen.

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