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Vers une ouverture des fleuristes le 1er mai 2026, avec salariés

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L’exécutif planche sur une possibilité pour les salariés des fleuristes de travailler le 1er mai 2026, traditionnel temps fort de la vente de muguet. Une réponse dans l’urgence après l’échec d’une proposition de loi plus large, rejetée par les députés.

Dans un communiqué du 15 avril, deux fédérations de fleuristes, l’UNF et la FFAF, rapportent que le gouvernement prépare « dans les plus brefs délais, une solution opérationnelle et sécurisée pour l’ouverture des boutiques de fleuristes avec leurs salariés à l’occasion du 1er mai 2026 ». Une annonce faite lors d’une réunion le même jour avec les ministres du Travail et de l’Artisanat, selon les deux syndicats. De son côté, lors des questions au gouvernement au Sénat le 15 avril, le Premier ministre a déclaré que l’exécutif allait « trouver une solution négociée, sécurisante et pragmatique », sans plus de détails. Le 1er mai est traditionnellement un temps fort de la commercialisation du muguet, dont les ventes ont représenté quelque 20 M€ en 2025 (dont un tiers chez les fleuristes).

D’après l’UNF et la FFAF, « une nouvelle réunion » devait se tenir jeudi 16 avril « avec les organisations professionnelles, dans le cadre de l’U2P, afin de finaliser les conditions permettant cette ouverture en toute sécurité juridique ». Les deux fédérations appellent d’ores et déjà les professionnels à « préparer leur activité du 1er mai sur la base de la convention collective actuelle » et à « recueillir le volontariat écrit de chaque salarié amené à travailler ce jour-là ». « Il a été rappelé par les deux ministres lors des échanges que les contrôles sur cette journée demeurent très limités », affirment les syndicats.

PPL rejetée par l’Assemblée

Quelques jours plus tôt, la proposition de loi (PPL) visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai était rejetée par l’Assemblée nationale, après une séance particulièrement houleuse. Pour mémoire, le texte visait des commerces de bouche de proximité (boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes), mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres). Il prévoyait une modification du Code du travail permettant l’ouverture de certains établissements dont ceux « exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles » le 1er mai, avec, sur la base du volontariat, un salaire doublé pour les personnels. Un texte adopté par le Sénat et les députés de la commission des Affaires sociales, mais fustigé par la gauche et les syndicats de salariés.

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Le 10 avril, les députés ont adopté (120 voix pour, 105 voix contre) une motion de rejet préalable déposée par le groupe Ensemble pour la République (macroniste) ; ses membres, pourtant favorables à ce texte adopté par le Sénat, réitèrent ainsi un usage « stratégique » de cette procédure déjà employée pour la PPL Entraves en mai 2025. Elle permet aux soutiens du texte d’éviter des débats trop longs face à la masse d’amendements déposée et de reprendre la main sur le calendrier. Les députés opposés à la PPL ont dénoncé un « court-circuitage » de la discussion en séance.

Ce vote était censé propulser le texte en commission mixte paritaire (CMP). Le gouvernement avait engagé la procédure accélérée sur ce texte. Devant la levée de boucliers à gauche, Sébastien Lecornu a « décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire », a annoncé le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou le 13 avril. « Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet », a-t-il déclaré, ajoutant que le 1er mai restera « le seul jour férié, chômé et payé », « même si certaines dérogations sont possibles ». Et de préciser que le gouvernement compte trouver une réponse « avant le 1er mai 2027 à l’insécurité juridique actuelle ».

Devant le blocage parlementaire, les professionnels cherchent de leur côté à faire avancer le dialogue social. Dans leur communiqué, les syndicats de fleuristes UNF et FFAF ont indiqué lancer, « à très court terme, un travail avec l’ensemble des partenaires sociaux de la branche ». Ce chantier vise à « clarifier les règles applicables au 1er mai », « adapter la convention collective » et à construire, in fine, « des accords équilibrés, responsables et soutenables pour les entreprises comme pour les salariés ».

PG, YG

Les fleuristes veulent faire avancer le dialogue social dans leur branche