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Santé animale Vers une utilisation raisonnée des médicaments en élevage porcin

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L’utilisation des médicaments en élevage porcin est de plus en plus raisonnée. Tel est le résultat d’une étude présentée aux 44e Journées de la recherche porcine qui se tenaient à Paris les 7 et 8 février.

«Chez les naisseurs engraisseurs, les dépenses de santé totales diminuent », a expliqué Isabelle Corrégé, vétérinaire à l’Ifip (institut technique du porc) lors des 44e Journées de la recherche porcine, le 7 février à Paris. Selon les Chambres d’agriculture de Bretagne, 45% des dépenses de santé concernent les porcelets, 41% les truies et 14% les porcs charcutiers. Le recul des dépenses de santé est principalement lié à une utilisation plus « raisonnée » notamment des antibiotiques sur les truies et les porcelets. Durant la décennie précédente, les dépenses préventives (vaccins, produits de conduite d’élevage) ont été supérieures aux dépenses curatives (antibiotiques et anti-inflammatoires notamment). Certes, l’utilisation des vaccins est en progression dans les élevages naisseurs engraisseurs, mais elle limite les dépenses curatives. En 10 ans, « l’utilisation d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires injectables a diminué de 32% ». Et globalement, les dépenses de santé sont en baisse.

Maîtrise de la santé
Les vaccins ne sont pas les seules mesures de contingentement des risques sanitaires. Les éleveurs ont aussi augmenté la « maîtrise » sanitaire de leurs élevages. Les bonnes pratiques d’hygiène et sanitaires sont préconisées depuis des années dans les élevages porcins : « La marge de progrès est importante aussi bien pour la conception des bâtiments (…) que pour la conduite d’élevage (…) et l’hygiène (…) ». Ainsi, les choix des éleveurs peuvent « limiter la pression d’infection et donc l’expression des pathologies ». Selon les conclusions de l’étude, « les relations entre les niveaux de dépenses de santé et certains critères technico-économiques, bien qu’à interpréter avec prudence, tendent à montrer une utilisation raisonnée du médicament ». Enfin, la comparaison des résultats d’exploitations avec un niveau de sécurité sanitaire élevée ou bas montre une différence significative. « Un écart de marge de 202 euros par truie est constaté en faveur des élevages avec un niveau de biosécurité totale élevé », a rapporté Isabelle Corrégé. Elle poursuit :
« Le suivi de bonnes pratiques d’hygiène ne doit pas être perçu comme une contrainte, mais comme un moyen d’optimiser les performances et de pérenniser les élevages ».

Evaluation des coûts
Atteindre un état de sécurité sanitaire élevé a un coût. Et c’est précisément ce coût qui devra faire l’objet d’autres expertises. « Les résultats de l’étude montrent bien une amélioration des marges, mais il reste à identifier les coûts liés aux bonnes pratiques d’hygiène », souligne Isabelle Corrégé. Dans un contexte de bas revenus pour les éleveurs, cette étude identifie un élément de compréhension de la maîtrise des dépenses de santé. Par ailleurs, tous les élevages n’ont pas suivi ce mouvement. Et les experts rappellent que « dans le cadre des maladies non réglementées, il est important de prendre en compte l’interaction entre décisions individuelles de maîtrise et évolution de la maladie dans une zone ».

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