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Vetophage veut faciliter les solutions de détection des maladies en élevage

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Mai Huong Chatain, fondatrice de Vetophage Crédits : © Vetophage

  Spécialiste de la phagothérapie, Vetophage s'est spécialisé dans les solutions de détection et de traitement des maladies en élevage. La start-up qui vient de lancer son premier kit de diagnostic en santé animale, produit également des cocktails à base de phages, ces virus naturellement présents dans l’environnement capables d'éliminer des bactéries pathogènes, utiliser en remplacement des antibiotiques.  

C’est au cours de ses recherches sur l’antibiorésistance que Mai Huong Chatain, docteure en microbiologie, a découvert l’exceptionnel potentiel des phages, ces virus naturellement présents dans l’environnement et par ailleurs ennemis héréditaires des bactéries pathogènes. Soutenue par des vétérinaires qui aujourd’hui détiennent les ¾ du capital, elle a lancé la start-up en 2017 avec la volonté de trouver des solutions pour remplacer les médicaments en élevage et notamment les antibiotiques qui utilisés à outrance ces dernières années sont de moins en moins efficaces.

Incubé à l’ENS de Lyon, Vetophage emménagera en avril dans ses propres locaux, avec 300 m2 de laboratoire consacré aux phages, dans la région lyonnaise. « Dès le départ de son travail sur les phages, Mai Huong Chatain a choisi deux pistes de recherche, à savoir la détection et le traitement, explique Christophe Chatain, responsable commercial et adjoint à la direction. Le manque de détection est un des problèmes aujourd’hui dans les élevages en raison des coûts et la solution passe souvent par des traitement antibiotiques préventifs qui outre des problèmes de résistance peuvent s’avérer inefficaces. L’avantage des phages, c’est qu’ils sont ultra-sélectifs ». Vetophage a ainsi constitué la plus grosse banque de phages de France et même d’Europe pour certaines bactéries. « Son savoir-faire réside dans sa capacité à dénicher et à caractériser l’efficacité de chaque phage, afin de fabriquer des cocktails de phages capables d’éliminer les bactéries incriminées », poursuit Christophe Chatain. Actuellement, « Vetophage travaille sur les endolysines, des protéines de phages, afin de créer des outils de détection et de traitement ». 

Un kit de détection à destination des éleveurs

Sur la partie détection, Vetophage s’attache à démocratiser des process aujourd’hui couteux et compliqués, grâce à des outils qui se présentent sous forme de kits proches des auto-tests utilisés pour la Covid. Les phages détectent le germe dans l’échantillon prélevé avec des taux de réussite de l’ordre de 93%. Un premier kit, LabMastis, lancé à destination des vétérinaires, permet en huit heures de détecter dans le lait par exemple,  la présence ou pas du Staphylococcus aureus et ainsi lutter rapidement contre la mammite bovine. Vetophage prévoit de lancer prochainement un kit à destination des éleveurs cette fois. « Le but est de pouvoir réaliser facilement des tests fiables avant les signes avant-coureurs sur le lait ou les machines notamment et ainsi de pouvoir prendre les mesures nécessaires pour éviter la contagion du troupeau », explique Christophe Chatain.

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La société veut également constituer un phavogramme sur le même principe qu’un antibiogramme, afin de connaitre les phages les plus efficaces pour tel ou tel traitement.

Vetophage est en cours de discussion avec des investisseurs pour lever entre 2 et 3 millions d’euros afin de financer ses projets. La société compte aussi démarrer les discussions avec des distributeurs et des entreprises spécialisées en contact avec des vétérinaires pour vendre ses produits en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. La société a été lauréate du concours I-Nov en 2022, une première pour une société présente en santé animale.