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Viande in vitro : une proposition de loi LR pour l’interdire en France

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À l’exemple de l’Italie, un texte a été déposé par des députés du groupe Les Républicains et apparentés pour interdire la production, la commercialisation et la vente de la viande de synthèse.

Une proposition de loi (PPL) a été déposée, le 5 décembre, à l’Assemblée nationale, par le député des Ardennes Pierre Cordier (apparenté Les Républicains, LR) pour interdire « la production, la commercialisation et la vente de viande de synthèse en France », à l’instar de la loi adoptée en Italie mi-novembre. Le texte est signé par des élus du groupe LR et apparentés et a été renvoyé en commission des Affaires économiques. La loi « Climat et résilience » de 2021 interdit déjà les produits issus de l’agriculture cellulaire en restauration collective. « Il est urgent d’aller plus loin », affirment les députés dans l’exposé des motifs. Ces produits sont, selon eux, de la « malbouffe » et une « menace réelle pour l’élevage ».

Les syndicats agricoles français sont opposés à la viande in-vitro : la Confédération paysanne et la Coordination rurale y sont fermement opposées. Le président de la FNSEA assure à Agra Presse, le 7 décembre, que son syndicat tient une « position très claire, en opposition totale et sans réserve à cette production ». Au printemps, le président de sa commission Chaîne alimentaire de la FNSEA, Arnold Puech d’Allissac avait indiqué à Agra Presse : « Nous serons sans doute contre, mais pour l’instant, nous avons encore besoin de recherche. »

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Marc Fesneau « plus que mitigé »

Du côté des pouvoirs publics, la position n’est pas encore claire. Les députés LR à l’origine de la PPL relèvent d’ailleurs les « hésitations » de l’État. À l’occasion de son audition par les députés de la commission des Affaires économiques le 6 décembre, le ministre de l’Agriculture a exprimé un « sentiment plus que mitigé » sur la viande de synthèse. Il s’y est montré moins fermement opposé que son prédécesseur Julien Denormandie, qui avait répondu en 2020 : « Moi non, je le dis clairement : la viande vient du vivant, pas des laboratoires. Comptez sur moi pour qu’en France la viande reste naturelle. » Dans sa réponse, Marc Fesneau a plutôt dressé un tableau de craintes et de questions (bilan carbone, « souveraineté », concurrence avec l’élevage, implication de multinationales), se rapprochant ainsi des conclusions de la récente mission d’information sénatoriale sur les « aliments cellulaires », qui proposait de « mieux maîtriser et encadrer la technologie ». En conclusion, il a rappelé que les auteurs de cette mission « objectent qu’il ne faut pas louper des opportunités économiques », mais pour leur opposer une question « éthique », face au soutien des « mouvements anti-élevage » à cette technologie. Il a conclu en expliquant qu’il allait « regarder le cadre, y compris environnemental, parce que je ne vois pas pourquoi on se poserait toujours la question pour l’agriculture et pas dans ce modèle-là ».

Une « menace réelle pour l’élevage »