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Les vignerons indépendants (viticulteurs à leur compte) ont une soif d’investissements non assouvie. Déjà, malgré la crise économique, ils ont consommé plus de la moitié (55%) de l’enveloppe de 275 millions d’euros issue de Bruxelles et destinée à l’investissement dans la viticulture française pour la période 2008-2013, a indiqué Michel Issaly, président du réseau des Vignerons Indépendants, à l’ouverture des Rencontres annuelles du réseau, le 12 avril à Orange (Vaucluse). Mais pour autant seulement 14% des vignerons indépendants ont bénéficié de l’enveloppe. C’est dire l’importance de la demande d’investissements dans la profession.
Cette enveloppe a connu un grand succès, malgré le fait que les producteurs devaient fournir plus de la moitié de la somme consacrée à leurs investissements (60%), la subvention en couvrant 40%. C’était une première, en même temps qu’un défi, sachant que c’était l’année de la crise financière internationale, où les crédits se restreignaient. Prévu sur une durée de cinq ans, le budget a été consommé en un an et demi, et l’ensemble des producteurs viticoles français demandent la négociation d’une nouvelle enveloppe à partir de 2014, a ajouté Michel Issaly. Pourquoi tant de demandes ? Parce que les producteurs ont besoin d’investir non seulement en matériel (tracteurs enjambeurs, cuves, machines pour la vinification), mais de plus en plus en actifs immatériels pour développer l’œnotourisme.
Les vignerons indépendants ont tendance à délaisser le vrac pour vendre à la bouteille, dégageant des marges accrues. Mais cela suppose des investissements en marketing pour se différencier du voisin. Au lieu d’attirer les touristes en proposant de leur vendre des bouteilles, les vignerons peaufinent d’autres méthodes, comme l’ouverture d’un parcours de VTT ou équestre au milieu des vignes, ou d’accueils pour déjeuner ou pique-niquer, sachant que le client finira par s’arrêter à la cave. « Les vignerons italiens et espagnols sont en avance sur nous dans ce domaine. Ceux de la Rioja (région espagnole) notamment sont un modèle du genre », avec la construction de châteaux de domaines et de barriques en bois décorés dans tous les styles, a témoigné Michel Issaly.
Les viticulteurs français commencent à adopter ces méthodes, selon le président des Vignerons Indépendants. Avec comme effet un accroissement de la valeur ajoutée de la profession, et des emplois chez les constructeurs de matériel, les maçons, les architectes, etc.
Un investissement dans la viticulture est toujours durable : quand on investit dans la vigne, c’est au moins pour 40 ans, a conclu le président des Vignerons Indépendants.
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