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Vin : arrachage et distillation seront décidés bassin par bassin

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Les sujets brûlants, comme l’arrachage des vignes et la distillation de crise, seront traités à l’échelon régional, où les situations sont très différentes d’un vignoble à l’autre, ressort-il de la rencontre entre la filière viticole et le ministre de l’Agriculture. Une rencontre durant laquelle, par ailleurs, la question climatique a occupé une place importante.

Les mesures de régulation du potentiel viticole que sont l’arrachage, la distillation, ainsi que le stockage privé, seront décidées bassin par bassin, à l’échelon de chaque vignoble, ressort-il de la rencontre entre la filière viticole et le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau le 25 juillet, a indiqué Jérôme Despey, président du conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer. Ces mesures seront prises par les préfets en fonction de la situation de chaque vignoble. « Nous avons demandé que l’examen des différentes situations ait lieu sur les vins rouges et le rosé dans les lieux où la production est excédentaire », a précisé Jérôme Despey. Ce souci de régulation du potentiel est motivé par l’effritement de la consommation de vin après les différentes vagues de crise sanitaire et depuis la guerre en Ukraine, qui renchérit tous les coûts, a-t-il ajouté. Le recalibrage du potentiel pourra aussi passer par la promotion d’exportations, a complété Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants.

Vers la création de réserves dès la vendange 2022

Par ailleurs, au sujet des réserves climatiques de vin que veulent mettent en place plusieurs vignobles, tels le Languedoc, le Sud-Est, l’Alsace et Bordeaux, le ministre a indiqué qu’il demande à ses services d’accélérer l’examen des dossiers. L’objectif visé est la constitution de ces réserves dès la vendange 2022, qui s’annonce bonne en quantité comme en qualité. Quant à la demande de plusieurs appellations (bourgogne, champagne, savoie), soutenue par la Cnaoc, de surpasser le rendement commercialisable pour reconstituer des stocks de précaution, Marc Fesneau s’y est montré favorable, tout en mentionnant qu’elle ne peut être qu'exceptionnelle. Elle est en effet liée à la conjonction d’une demande dynamique de vin de ces AOC et d’une belle vendange annoncée. Autre dossier lié au climat abordé lors de cette rencontre, celui de la couverture des aléas climatiques. La profession viticole a appuyé la demande de la profession agricole tout entière en faveur d’une sortie des années d’aléas climatiques de la moyenne olympique et en faveur d’une négociation sur ce point à l’échelle de l’UE. Elle a trouvé le ministre « ouvert à la discussion ». Le sujet climatique a occupé une partie importante de l’entretien.

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Un dernier dossier qui semble bien avancé est celui de l’étalement du remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) jusqu’à dix ans (au lieu de six) pour les exploitants viticoles. « Le ministère et Matignon nous ont confirmé qu’ils s’alignent sur cet objectif », a rapporté Jean-Marie Fabre.

L’étalement du remboursement du PGE plutôt bien parti