Les surfaces de vigne bio et les ventes de vin bio sur le marché français sont en forte hausse, tandis que les conversions à la viticulture bio ne faiblissent pas. Tel est le constat qu’ont dressé conjointement l’Agence Bio et l’association interprofessionnelle France Vin Bio, lors d’une conférence de presse sur l’état de la filière du vin bio le 25 septembre.
La superficie du vignoble français cultivé en bio a dépassé les 94 000 hectares en 2018, soit une hausse de plus de 20 % par rapport à 2017, ont indiqué l’Agence Bio et France Vin Bio. Cette superficie représente maintenant 12 % du vignoble national. Le chiffre d’affaires du vin bio sur le marché intérieur a atteint 1 052 M€ l’an dernier contre 958 M€ en 2017 et 189 en 2005. Sur ces 1 052 M€ de chiffre d’affaires, la vente directe est le segment prépondérant, avec 435 M€ soit un taux de 41 %. Pour mémoire, sur les 9,7 Mrd € de chiffre d'affaires générés en 2018 par la vente des produits alimentaires issus de l’agriculture biologique, la vente directe a représenté 16 %, a précisé Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio.
L’offre est maintenant confortée par l’apport, sur le marché, de vin bio provenant d’exploitations d’Occitanie qui sont en deuxième année de conversion. D'ailleurs, l’association interprofessionnelle occitane Sudvinbio a créé le logo Cab, qui identifie les vins « en conversion vers l’agriculture biologique », a ajouté Thierry Julien, président de France Vin Bio, association interprofessionnelle à l’échelon national. Après l’Occitanie, la région Paca est en train d’adhérer à la démarche du logo Cab, ce qui devrait ajouter une offre supplémentaire.
La dynamique des conversions devrait se poursuivre
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Les conversions en vigne bio devraient se poursuivre, a estimé Florent Guhl. Les agriculteurs en conventionnel voient selon lui leurs rendements plafonner du fait des impasses techniques dues au retrait de molécules phytos. De plus, ils constatent que la demande de produits de l’agriculture bio est soutenue et que les contraintes d’usage des produits de traitement (pression sociale) sont mieux gérables en viticulture biologique. « Quand on rencontre les voisins, on a un meilleur contact qu’en conventionnel », a appuyé Bernard Rabouy, vigneron dans l’Entre-Deux-Mers, récemment converti au bio. Les conversions au bio se développeront d’autant plus que le climat sera apaisé entre agriculteurs bio et agriculteurs conventionnels, car beaucoup de ces derniers s’intéressent au bio, comme l’a montré tout récemment la forte fréquentation du salon Tech & Bio, a précisé Florent Guhl. « Nous ne voulons pas ranimer les guerres locales entre bio et non bio, d’autres s’en occupent », a-t-il conclu.
« Quand on rencontre les voisins, on a un meilleur contact qu’en conventionnel »