Caisse d’épargne a officialisé, le 31 mai à Beaune (Côte-d’Or), le lancement national de Vitibanque, une filière dédiée au marché de la viticulture.
« Vitibanque est déployé sur tous les territoires à potentiel viticole, a annoncé Nicolas Balerna, directeur de la banque de détail. L’objectif est de faire partie du Top 3 » en parts de marché. Neuf Caisses d’épargne (sur les quinze du réseau) sont concernées. Le lancement s’appuie sur le retour d’expérience de la Caisse d’épargne Bourgogne Franche-Comté (BFC), qui compte plus de 600 clients viticulteurs. Depuis une dizaine d’années, l’entité régionale développe un savoir-faire sur ce marché – comme la Caisse d’épargne Aquitaine Poitou-Charentes, dans le vignoble du Bordelais, et la Caisse d’épargne Grand Est Europe, en Champagne – participant à la création de Vitibanque.
Concrètement, cette filière mobilise plus de cinquante experts dédiés, qui seront répartis au sein d’une quinzaine d’agences et de centres d’affaires dédiés. « Vitibanque a une offre de produits et de services spécifiques », souligne Romain Coissard, directeur du marché des professionnels et de l’agriculture viticulture à la Caisse d’épargne Bourgogne Franche-Comté. Par exemple, la banque propose un crédit vendange de 30 000 € sur douze mois. Autre solution pour la trésorerie, le crédit vinification et élevage permet un remboursement avec deux ans de différé. Proximité, adaptabilité et réactivité sont les maître-mots à la Caisse d’épargne BFC, qui revendique une croissance à deux chiffres, 20 % de taux pénétration sur le marché de la viticulture.
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Observatoire du marché
La banque dispose d’un observatoire pour identifier les besoins du marché. Cela montre que 39 % des chefs d’exploitation viticole ont une préoccupation forte par rapport la cession ou transmission de leur entreprise. Vitibanque leur propose un accompagnement financier, du conseil, en faisant intervenir des experts comptables, avocats fiscalistes, notaires. 40 % des viticulteurs se disent très concernés par la transition climatique et environnementale. La Caisse d’épargne leur propose une offre spécifique pour financer des investissements dans les économies d’eau, la baisse des phytos, le photovoltaïque notamment.
« On veut s’adresser à toute la viticulture », affirme Eric Fougère, président du conseil d’orientation et de surveillance de la Caisse d’épargne BFC. Installés en 2018 à Puligny-Montrachet (Côte-d’Or), Alvinat Pernot et son époux Philippe Abadie font partie des nouveaux clients. Ils viennent d’investir 1,5 M€ dans une cuverie (capacité : 36 000 bouteilles), financés à 60 % par un prêt bancaire. « En comparaison, c’est compliqué avec le Crédit agricole dans la région, lâche Philippe Abadie. Ils se reposent sur leurs lauriers, en visant les grands domaines. Le Crédit agricole n’est pas réactif avec les jeunes, qui présentent un risque plus élevé. »