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Vin de Champagne : les vignerons devront débloquer leur réserve

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La vendange 2016 de champagne s’annonçant inférieure de 30 à 35 % à celle de l’an dernier, les vignerons de Champagne devront débloquer leur réserve de vin, a indiqué Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de Champagne (SGV), le 6 septembre. Une nécessité d’autant plus impérieuse pour les vignerons qui produisent leur vin, lesquels ont annoncé leur volonté de reprendre des parts, face aux maisons de champagne, prépondérantes sur le marché.

Les vignerons champenois ont l’obligation de débloquer leur réserve de vin quand la pénurie menace. Cette obligation sera activée durant cette campagne, a déclaré Maxime Toubart. Le rendement 2016 était fixé en juin à 10 500 kg de raisin par hectare, il ne sera finalement que de 8 000 à 8 500 kg/ha. Les vignerons devront ainsi débloquer, sous forme de vin, l’équivalent de 2 000 à 3 000 kg de raisin par hectare. Les pertes de rendement en Champagne ont été imputables pour 15 % au gel, pour 15 % au mildiou, pour 1 à 2 % aux échaudages et le reste à la grêle, qui s’est abattue sur 400 ha, dont 150 ha à 100 %, selon le SGV. Les pertes de rendement, de 30 à 35 %, voire 40 %, s’élèvent à 70 % dans certaines zones, notamment de l’Aube.

Redynamiser le « champagne de vignerons »

Les vignerons ont d’autant plus besoin de cette réserve qu’ils cherchent à reprendre des parts de marché. Le marché du champagne est fourni à plus de 70 % par les maisons de champagne et à moins de 30 % (à 28,5 % selon Maxime Toubart) par les viticulteurs, à travers leur marque collective, « Champagne de vignerons », constituée en 2001. Le « champagne de vignerons », qui regroupe 5 000 vignerons sur les 21 000 que compte l’appellation « champagne », est cantonné au marché intérieur, « qui va mal ». Cela alors que les maisons de champagne sont portées par l’export, domaine aux multiples opportunités de croissance, a résumé le président du SGV. « Nous avons perdu un marché de 18 millions de cols en huit ans », a-t-il souligné. Face à ce défi, le SGV compte mettre en avant les atouts des viticulteurs qui participent à la marque collective : « Chaque vigneron a intérêt à bien connaître la spécificité de son produit, son parcours et créer son propre marché. Ceux qui le font se défendent bien », a précisé Séverine Couvreur, viticultrice, chargée de la communication en tant qu’élue au SGV. « Il faut faire d’un vigneron un commerçant », tel est l’objectif du développement de la marque collective, présenté par Maxime Toubart.

Les « champagnes de vignerons » inaugureront leur première boutique éphémère au cœur de Paris, dans le Marais, au moment des fêtes de fin d’année, du 9 au 24 décembre. Cette boutique accueillera les Parisiens et touristes, avec une animation conduite par une vingtaine de vignerons.

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Le président du SGV a par ailleurs voulu faire part de son « coup de gueule » à propos de la grande distribution. Celle-ci « vend à perte du champagne comme produit d’appel ». « Le champagne est victime d’une dégradation de son prix, injustifiée. Le champagne mérite mieux » qu’être considéré ainsi.

« Chaque vigneron a intérêt à bien connaître la spécificité de son produit, son parcours et créer son propre marché. »

Étude : l’amateur type de champagne est plutôt aisé et en couple

Le SGV a publié les résultats d’une étude commandée en mars 2016 à Market Audit, pour réalisation auprès de 1 700 personnes représentatives de la population française. Il en ressort que le consommateur type est majoritairement aisé et vit en couple. L’étude confirme que le champagne reste un vin prestigieux, vendu à un prix moyen déclaré supérieur à 20 € la bouteille. « Les jeunes (25-34 ans) sont même prêts à débourser jusqu’à 8 % de plus que leurs aînés pour se procurer une bouteille de champagne ». De plus, lorsqu’ils sont invités, les Français « n’hésitent pas à dépenser 12 % de plus pour offrir un flacon à leur hôte », a précisé Sandra Cizeron, responsable de la promotion au SGV. L’étude confirme que la consommation de champagne reste concentrée d’abord sur les fêtes de fin d’année, et à moindre degré pendant les fêtes de Pâques, et pour le reste, dans les moments festifs : anniversaires, mariages, fêtes de famille, repas entre amis ou amoureux.