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Vin : Didier Guillaume promet la fin des retards d’aides au 15 octobre 2020

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Le ministre de l’Agriculture a annoncé que tous les dossiers d’aides viticoles en retard seront réglés avant le 15 octobre 2020, ont rapporté les représentants de la filière viticole, qu’il a reçus le 22 octobre en fin de journée. Ces dossiers concernent uniquement le volet « promotion » du vin dans les pays tiers, un sujet qui prend un tour critique avec la « taxe Trump » sur les vins français. La filière propose une opération de promotion exceptionnelle des vins français aux États-Unis financée par l’UE.

« Le ministre a été très clair. Il a indiqué à FranceAgriMer qu’il ne veut plus entendre parler de retards de dossiers », a indiqué Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole à FranceAgriMer, à la sortie de la rencontre entre Didier Guillaume et la filière, le 22 octobre. Cette rencontre avait été souhaitée par les principales organisations professionnelles viticoles lorsque celles-ci ont boycotté le conseil spécialisé du 16 octobre.

Toutes les aides en stocks seront décaissées avant le 15 octobre 2020

Didier Guillaume assure désormais que tous les dossiers d’aides viticoles en retard seront réglés avant le 15 octobre 2020. Il s'agit de retrouver un calendrier classique de versement : les aides actuellement en stocks (remontant pour certaines à 2014) et non versées seront décaissées avant cette date. L'annonce vise aussi à mieux utiliser les fonds européens ; sur la campagne qui vient de s'achever, 15 millions d'euros (M€), sur les 280,5 de l’enveloppe annuelle destinés au secteur viticole français, n'ont pas été utilisés, à la suite des retards de traitement. Les aides en retard concernent uniquement le volet « promotion sur les pays tiers », un des volets d’aides co-financées par l’UE pour les viticulteurs et les entreprises de négoce de vin. Le paiement de ces aides sera effectué sur l’enveloppe en cours (du 15 octobre 2019 au 15 octobre 2020). Ce prélèvement sur l’enveloppe actuelle pourrait priver la filière d’actions futures. Les 15 M€ non utilisés au 15 octobre dernier sont perdus pour la filière française et renvoyés à Bruxelles.

Pour les prochaines campagnes, « une concertation sera lancée pour ouvrir une nouvelle mesure dédiée à l’innovation dans le secteur vitivinicole afin de mieux accompagner le secteur face aux mutations en cours et faciliter la consommation de l’enveloppe », a indiqué Didier Guillaume dans un communiqué le 18 octobre. Lors de sa rencontre avec les professionnels, ceux-ci lui ont demandé que la relation humaine soit réintroduite dans la gestion des aides par FranceAgriMer, dématérialisée ces dernières années. La généralisation des téléprocédures a en effet éloigné les opérateurs des agents de FranceAgriMer. « Quand les opérateurs ont besoin d’explications sur les dispositifs, ils se trouvent trop souvent face à un mur », a commenté une des organisations professionnelles qui a rencontré le ministre.

Soutenir le vin français aux États-Unis

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La rencontre avait pour autre objet les rétorsions américaines dans l'affaire Airbus. La filière a proposé à Didier Guillaume que soit mise en place une campagne exceptionnelle de promotion du vin français aux États-Unis, pour contrebalancer l’effet dissuasif de la « taxe Trump », a expliqué Boris Calmette, président de Vignerons coopérateurs de France, la section des caves coopératives de Coop de France. En effet, déjà des entreprises perdent des marchés ou doivent faire des concessions sur les prix, a précisé Audrey Monségu, chargée des dossiers économiques à la Confédération des vignerons indépendants. Cette campagne serait financée sur un fonds de crise de l’UE, activable dans les situations exceptionnelles. Mais « la première mesure à prendre, c’est la négociation de l’UE avec les États-Unis. Il y a urgence de faire cesser ces sanctions », a souligné Jérôme Despey. Il serait en effet souhaitable d’annuler les sanctions mutuelles, de montants comparables, que s’imposent les États-Unis et l’UE, dans le bras de fer autour des soutiens à leur industrie aérienne respective, estime-t-on dans l’entourage de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Didier Guillaume s’est engagé à poursuivre les démarches à Bruxelles pour que l’Europe négocie avec Washington.

Les opérateurs se heurtent trop souvent au mur d’une administration dématérialisée

La sur-taxation américaine a commencé à s’abattre sur les vins français

« Depuis 6 h00 ce matin (0h00, heure de Washington), les importations de vins tranquilles français aux États‐Unis sont pénalisées de 25% de droits de douanes supplémentaires », a signalé un communiqué de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), publié le 18 octobre. Les concurrents de la filière française « ne subiront pas ce renchérissement. Il y a donc un risque majeur de perte de parts de marché pour les vins français », a commenté son président, Antoine Leccia. La FEVS demande au gouvernement de « mettre immédiatement en place les mesures de soutien nécessaires » à la filière et à ses entreprises. Le ministère de l’Agriculture a indiqué dans un communiqué que Didier Guillaume « travaille à mobiliser tous les instruments de la politique européenne pour soutenir la filière ».