En marge de son congrès le 25 avril, le président de la Cnaoc (vignerons en AOC) Jérôme Bauer s’est montré impatient de voir la France notifier à Bruxelles un dispositif national d’arrachage. « Il faut qu’on arrache des vignes en France, a-t-il confié à la presse. Ça doit aller très vite. Dès la levée de la prochaine récolte, un dispositif doit être ouvert. » Marc Fesneau avait évoqué, le 30 novembre à l’occasion du salon Sitevi, une mesure « d’arrachage différée » dès 2024 qui « permet d’arracher provisoirement la vigne » pour replanter « dès lors que le marché serait stabilisé ». Le ministre avait ensuite, le 31 janvier, mis 150 M€ sur la table pour un arrachage temporaire ou définitif « jusqu’à 100 000 ha ». Invitée le 25 avril par la Cnaoc, Catherine Geslain-Lanéelle, la directrice de la stratégie à la DG Agri (Commission européenne) a dit n’avoir reçu aucune demande officielle de la France. « Bruxelles doit être saisie officiellement dans les plus brefs délais, réclame Jérôme Bauer. Ça fait plusieurs mois que toute la filière exprime une demande partagée d’un dispositif permettant l’arrachage, soit temporaire, soit définitif. Des tractations ont lieu officieusement entre la France et la Commission. On ne peut pas s’en contenter. Les vignerons sont l’attente. »
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À l’occasion des prochaines élections européennes, les confédérations des producteurs de vins AOC (Cnaoc) et IGP (VinIGP) ont lancé le 25 avril une campagne de mobilisation commune. « Nous devons bénéficier d’outils de gestion du potentiel de production (comme l’arrachage) afin de réguler nos marchés », expriment-ils. C’est l’une de leurs propositions, qui vise à maintenir des règles spécifiques pour la viticulture dans la prochaine Pac. « L’encadrement réglementaire spécifique via la Pac est essentiel pour notre secteur », clament les deux organisations.