Abonné

Vin : la Commission européenne autorise la distillation de crise

- - 3 min

Annoncée en février par le ministère de l’Agriculture, la distillation de crise est enfin validée par Bruxelles. Les producteurs de vin et négociants ont jusqu’au 5 juillet pour déclarer leurs volumes.

La Commission a annoncé le 23 juin (suite au feu vert donné par les experts des États membres le 19 juin) qu’elle autorise jusqu’au 15 octobre 2023 les mesures de distillation de crise, dans le cadre des programmes nationaux viticoles, pour les vins les plus touchés par les déséquilibres actuels sur le marché. Le vin distillé sera retiré du marché et l’alcool obtenu ne pourra être utilisé qu’à des fins non alimentaires pour éviter une distorsion de concurrence, souligne le règlement. Et les États membres sont tenus de cibler cette mesure sur les régions ou les types de vin dont le marché est déséquilibré. Ce dispositif d’aide à la distillation de crise avait déjà été mis en place en 2021 par la Commission européenne, et prolongé en 2022 pour aider le secteur suite à la pandémie de Covid-19.

Lire aussi : Vin : inquiétude du Copa-Cogeca sur les ventes, mais pas de demande de régulation

De plus, une flexibilité supplémentaire est accordée pour les vendanges en vert cet été (date limite d’introduction des demandes repoussée, aucune justification nécessaire). Enfin, le taux de cofinancement de l’UE pour les mesures liées à la restructuration, à la récolte en vert, à la promotion et aux investissements est relevé de 50 % à 60 %.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Vins rouges et rosés tranquilles sont éligibles

Dans le cadre de cette distillation, les producteurs de vin et négociants ont jusqu’au 5 juillet pour déclarer leurs volumes, a annoncé le 23 juin le ministère de l’Agriculture. Elle est ouverte aux vins rouges et rosés tranquilles vendus en vrac. Tous les bassins de production sont visés, à l’exception des vins sans IG détenus par des entreprises en Val de Loire Centre et Vallée du Rhône Provence, là où ont été constatés des prix de marché inférieurs aux aides. Les montants prévus sont de 75 €/hl en AOP, 65 €/hl en IGP, 45 €/hl sans IG, auxquels s’ajoutent 5 €/hl pour les opérations de collecte et de distillation réalisées par les distillateurs. Une enveloppe de 160 M€ est sur la table : 80 M€ de crédits nationaux, 80 M€ issus du Feaga (fonds européens). Des fonds provenant de la réserve agricole (53,1 M€) doivent la compléter.

Selon Bruxelles, la production de vin de l’UE a augmenté de 4 % cette année par rapport à l’année précédente, et les stocks de début de campagne ont augmenté de 2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. La baisse de la consommation de vin pour la campagne en cours est estimée à 7 % en Italie, 10 % en Espagne, 15 % en France, 22 % en Allemagne et 34 % au Portugal. Parallèlement, les exportations de vin de l’UE pour la période allant de janvier à avril 2023 ont été inférieures de 8,5 % à celles de l’année précédente, ce qui a contribué à accroître encore les stocks. Les vins rouges et rosés de certaines régions de France, d’Espagne et du Portugal sont les plus touchés.

Des stocks alourdis par les déséquilibres du marché