La consommation de vin est stable globalement dans le monde depuis la crise économique de 2008, mais en hausse dans les principaux pays importateurs, ressort-il de la conférence de presse organisée le 18 avril par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) sur la conjoncture vitivinicole. Ces pays (États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Chine), qui n’ont pas de tradition viticole comme la France, l’Italie et l’Espagne, sont les relais de la croissance de la consommation de vin.
Stable depuis la crise financière et économique de 2008, à 240 millions d’hectolitres (Mhl), la consommation mondiale de vin augmente dans les pays qui sont venus au vin tardivement par rapport à la France, l’Italie et l’Espagne. Alors que dans ces trois pays de l’Europe viticole séculaire la consommation s’effrite, ou au mieux stagne, les nouveaux relais de croissance de la consommation sont les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine. La consommation s’est accrue de 1% en 2015 aux États-Unis, de 1,1% en Allemagne, de 2,4% au Royaume-Uni et de 3,2% en Chine. Ces nations sont aussi celles qui sont au cœur de la dynamique économique mondiale.
La consommation de vin s’ancre peu à peu dans la culture américaine
Le tableau ci-contre, qui met en évidence l’augmentation de la consommation dans ces pays, fait apparaître une hausse en Espagne. Il s’agit en fait d’un rattrapage après une forte baisse de consommation en Espagne les années précédentes. De même, le tableau indique un repli de 1% en Australie. Ce repli conjoncturel ne remet pas en cause la tendance à la progression de la consommation sur le long terme.
L'OIV recense ainsi les pays où la consommation augmente depuis 2000 : pays scandinaves, Irlande, États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Turquie, Brésil et Chili. La consommation s’élève « aussi au Mozambique et au Nigéria (le pays le plus peuplé d’Afrique), où une classe moyenne commence à s’intéresser au vin », a précisé Jean-Marie Aurand.
D’après l’OIV, organisation inter-gouvernementale basée à Paris, les États-Unis ont importé du vin à hauteur de 4,855 milliards d’euros (Mrd €) en 2015), le Royaume-Uni 3,915 Mrd €, l’Allemagne 2,466 Mrd €, la Chine 1,840 Mrd €). C’est aux États-Unis que la consommation de vin est la plus forte : 31 Mhl en 2015, devant la France (27,2 Mhl). La consommation de vin par habitant y est moins élevée qu’en France, mais elle est maintenant bien répartie dans cette population de 321 millions d’habitants : elle s’ancre peu à peu dans la culture américaine, en commençant par les classes moyennes, a indiqué Jean-Marie Aurand, directeur général de l’OIV.
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La consommation s’est accrue de 1% en 2014 aux États-Unis, de 1,1% en Allemagne, de 2,4% au Royaume-Uni et de 3,2% en Chine.
Exportations : les États-Unis talonnent l’Australie
L’OIV a souligné aussi le bond des exportations des États-Unis en 2015. Même s’ils importent 3,5 fois ce qu’ils exportent, leurs exportations de 2015, de près de 1,4 Mrd €, marquent une progression de 26,5% par rapport à celles de 2014. Ils talonnent désormais l’Australie (1,46 Mrd € d’exportations). « Rien n’empêche le premier importateur mondial d’exporter aussi. Mais si cette forte croissance des exportations se confirme pendant six à sept ans, on pourrait en déduire une vraie stratégie », américaine de conquête des marchés viticoles, a commenté Jean-Marie Aurand.