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Vin : la France demande le maintien d’une OCM spécifique après 2018

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Le président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer, Jérôme Despey, a déclaré lors d’une conférence de presse le 25 août sa demande d’un renouvellement de l’Organisation commune de marché du vin après le 15 octobre 2018, date d’expiration de l’OCM actuelle (2013-2018). Ce renouvellement n’est pas acquis, les différentes composantes de la Commission européenne n’étant pas unanimes pour le maintien d’une OCM viticole spécifique.

Jérôme Despey appelle le ministre de l’Agriculture et les professionnels à demander le maintien d’une OCM spécifique viticole après 2018. Il a insisté sur ce point en conférence de presse à FranceAgriMer le 25 août et l’a « redit au ministre » le 29 août quand Stéphane Le Foll est venu dans les vignes du Pic Saint Loup ravagées par la grêle.

« Quand on voit les conséquences de la dérégulation en grandes cultures et en élevage, il est plus que jamais nécessaire de maintenir un outil spécifique de régulation », a-t-il souligné le 30 août. Sans OCM spécifique, pas de possibilité d’engager des mesures structurantes, comme l’aide à l’investissement ou à la restructuration du vignoble, a-t-il rappelé. Or, la poursuite de l’OCM après le 15 octobre 2018 « n’est pas décidée ». Le ministre de l’Agriculture « nous a assurés qu’il portera cette demande de la France » auprès de ses collègues. L’OCM viticole représente, en France, une somme de 280 M€ destinée à la restructuration du vignoble (arrachage et replantation d nouveaux cépages), à l’investissement au chais et au caveau, à la promotion du vin dans les pays tiers et aux prestations viniques (valorisation des sous-produits de distillerie).

Vin espagnol : des pratiques favorisant la confusion avec des vins français

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Lors de sa conférence de presse de rentrée viticole à FranceAgriMer, Jérôme Despey a vivement regretté que « si peu de viticulteurs » soient assurés contre les aléas climatiques (20 % des exploitations viticoles ont souscrit le « contrat-socle » climatique). Or, les aléas climatiques (gel, grêle, pluies excessives ou sécheresse prolongée) se sont amplifiés. Par exemple, les orages de grêle ne sont plus localisés, mais s’étendent en « couloirs de plusieurs dizaines de kilomètres, d’une intensité qui dévaste des vignobles entiers ». Lors de sa visite du 29 août dans les vignes sinistrées du Pic Saint Loup, Stéphane Le Foll a annoncé l’ouverture d’un « grand débat » sur l’assurance le 7 septembre, avec, à l’issue, dans les prochains mois, des pistes prévues sur les mécanismes de protection assurantiels.

La petite vendange française en vue fait ressortir le problème des importations de vin espagnols à bas prix (35 €/hectolitre), qui ont déjà empoisonné les relations franco-espagnoles ce printemps avec des incidents à la frontière. C’est un sujet d’actualité que le président du conseil viticole de FranceAgriMer a abordé. Plusieurs FDSEA du sud de la France ont mené des enquêtes dans les enseignes de grande distribution et ont relevé des pratiques favorisant la confusion avec des vins français : des étiquettes évoquant des fromages français ou portant le nom « vieux papes » ou avec d’autres termes à consonance française. « Dans un premier temps » les professionnels rencontreront les dirigeants de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Si cette solution ne donne pas satisfaction, ils s’adresseront aux Douanes et à la DGCCRF (Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes).

La petite vendange française en vue fait ressortir le problème des importations espagnoles à bas prix