Abonné

Vin : le gouvernement se résout à l’arrachage « massif »

- - 3 min

Marc Fesneau a annoncé sur Sud Radio un fonds d’urgence de 80 M€ et des aides à l’arrachage de 150 M€ en réponse à la crise viticole.

Un « plan massif » va être déployé pour la viticulture en crise, « de l’Occitanie à la Nouvelle-Aquitaine en passant par la Vallée du Rhône », selon le ministre de l’Agriculture. Le volet conjoncturel doit permettre « de couvrir les aléas qu’ont rencontrés un certain nombre de régions […] ça couvre l’ensemble des régions viticoles qui sont en crise », a-t-il expliqué, citant les pertes liées aux maladies comme le mildiou. Pour soulager les trésoreries, l’État « prendra en charge les intérêts d’emprunt sur l’année 2024 » ; 80 M€ sont ainsi prévus dans un fonds d’urgence, initialement calibré à 20 M€ dans le cadre de la loi de finances 2024. Le dispositif « sera déployé très rapidement, avec une ouverture des demandes en préfecture dès le lundi 5 février 2024, et des premiers paiements avant le Salon international de l’agriculture », selon un communiqué du ministère. Par ailleurs, 150 M€ sont mis sur la table pour l’arrachage de vignes. « Jusqu’à 100 000 ha » (sur un vignoble d’environ 700 000 ha) seraient concernés, d’après Marc Fesneau. Soit les vignes seront arrachées temporairement, par exemple pour changer de cépages, soit elles pourront l’être définitivement en vue d’une « diversification agricole ».

Négociations à Bruxelles

Reste à obtenir l’aval de la Commission européenne pour ce volet structurel, qui vient en complément des crédits du programme national viti-vinicole (OCM). « Il y a des demandes de même nature de nos amis italiens et espagnols […] On va construire une coalition » sur l’arrachage, a déclaré Marc Fesneau. Autre sujet, la restructuration des emprunts via un basculement des PGE en prêts bonifiés. « La mesure peut se mettre en place dès le début du mois de février. On va dialoguer avec les banques, parce qu’on a besoin de la solidarité et de l’allant des banques sur ce dispositif » qui sera « dans leur main ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Autant d’annonces qui font écho à celles dévoilées au salon Sitevi le 30 novembre, où le ministre évoquait jusqu’à 60 M€ pour le fonds d’urgence, une somme demandée par la FNSEA et JA. Le 29 janvier, « un plan d’action fort » a été réclamé par les syndicats de la production (Cnaoc, Vin IGP, Vigneron indépendant, Vignerons coopérateurs et FNSEA), jugeant la viticulture « au bord du gouffre » sous l’effet d’une hausse des charges et d’une baisse de consommation. Outre des mesures de trésorerie et d’arrachage, leur demande porte sur un réajustement de la production sur la prochaine campagne « par l’aide au stockage privé ou un assouplissement des règles relatives à la distillation ». Enfin « dans la durée », les organisations appellent les pouvoirs publics à soutenir davantage les entreprises (restructuration, investissements) et les marchés (communication, promotion).

« Jusqu’à 100 000 ha » concernés par l’arrachage