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Consommation Vin : le web, nouveau prescripteur du goût

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Pendant longtemps, quelques spécialistes du vin ont joué les prescripteurs et créé des modes du vin. Avec la multiplication des réseaux d’internautes passionnés de vins, les règles de l’information changent. Les producteurs ont intérêt à être présents dans ces échanges sans frontière, a conseillé Sopexa le 18 octobre lors du Sial à Paris Nord.

Internet change la donne en matière de discours et de prescription du vin, comme l’ont montré les intervenants de la conférence organisée par Sopexa sous le titre « Internet, l’avenir du vin ». Les réseaux sociaux ont émergé depuis 6 ans dans le monde. Les trois-quarts des internautes sont au moins sur un réseau social et 75% d’entre eux ont l’intention de continuer. Le temps consacré à ces réseaux est évalué à 22% du temps passé sur internet. En Europe, Facebook est en tête des réseaux sauf en Allemagne où les réseaux locaux préexistaient. En Asie, les réseaux sociaux locaux ont la suprématie.
Le vin a pleinement sa place dans cet univers. Des réseaux spécialisés sont nés, lieux d’échanges d’informations et d’appréciations entre internautes passionnés de vins. Le premier, Openbottles, a été créé aux Etats-Unis en 2005. Puis est venu Cork’d en 2006 et Snooth en 2007 à New-York. En Europe, Winery Week s’est ouvert en Belgique et Vinomemo au Danemark. En Asie, Winesuki a été ouvert par un caviste.
Conséquences : « Les prescriptions de vin, jusque là effectuées par des masters of wine ou des critiques établis, évoluent. On passe d’une diffusion verticale à une diffusion horizontale », explique Johanne Kolingba, responsable marketing digital à Sopexa.
Les opportunités de ces plates-formes sont importantes pour le secteur. Pour faire de la pub en ligne par exemple, en fonction des critères d’intérêt des intervenants ; pour mettre en ligne des articles rédigés par des professionnels ; pour une présence sur le net avec une page sur un réseau ( pour présenter l’entreprise et ses produits). En Belgique par exemple, les bordeaux ont une page pour annoncer les événements dans le pays comme les « apéro bordeaux ». Des photos y sont prises puis diffusées pour « créer de la présence », commente Sopexa.

Cent cinquante millions de blogs
Un autre phénomène sur Internet prend de l’ampleur : les blogs. Une estimation (Nielsen) donne le chiffre de 150 millions de blogs dans le monde, en majorité aux Etats-Unis. 66% des internautes lisent des blogs. Ce chiffre explose en Asie avec 88% à 90% de lecteurs.
Depuis 2009, le micro-blogging (twitter) se combine souvent aux blogs. Twitter possède déjà 100 millions de membres dont 70% aux Etats-Unis. 5% des internautes génèrent 75% des contenus.
Les bloggeurs du vin seraient environ 1300 aux Etats-Unis et 500 en Europe. L’Asie en compterait environ 6000. Leur profil est très varié : amateurs, œnophiles, journalistes, professionnels du vin…
Les bloggeurs peuvent créer des événements comme de grandes dégustations autour d’un cépage (chardonnay day, cabernet day…), d’un vin (bientôt le champagne) qui s’accompagne de remarques, de notes… Wine bloggeurs, une plate-forme qui réunit les bloggeurs de vin du monde, a créé une conférence mondiale de ces bloggeurs.
« Toutes les semaines, par exemple, des personnes goûtent un vin et twittent sur ce vin », note Johanne Kolingba. « C’est une opportunité pour les annonceurs de créer du buzz », poursuit-elle.
Les blogs offrent également des opportunités de communication soit avec des bandeaux, soit en invitant les bloggeurs à des événements, soit en leur envoyant des produits… Mais avant de se lancer, mieux vaut connaître la personnalité du bloggeur, en commençant par bien étudier son site.

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