La rencontre entre trois ministres et la profession viticole le 13 janvier, qui avait pour objet les sanctions douanières américaines, a abouti à une rallonge de 10M€ pour le stockage. Une réponse à la crise sanitaire, mais pas aux sanctions américaines, estiment les professionnels.
Lors de leur rencontre avec la profession viticole le 13 janvier, qui avait pour thème les solutions aux conséquences du conflit sur l’Airbus sur la filière, les trois ministres Bruno Le Maire, Julien Denormandie, Franck Riester n’ont finalement rien pu annoncer sur ce thème, estiment les professionnels. « Quatorze mois de sanctions et aucune réponse », titre un communiqué signé par les associations de la production viticole (Cnaoc, CNIGP, Vignerons indépendants de France, Vignerons coopérateurs de France, FNSEA, JA), Comité national des interprofessions viticoles (Cniv), Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), Union des maisons et marques de vin (UMVin). En réponse aux sanctions américaines, les ministres « se sont cantonnés aux mesures générales déjà existantes liées à la crise sanitaire ».
Les ministres ont annoncé que le gouvernement accorde à la filière une rallonge de 10 M€ pour le stockage. Cette somme de 10 M€, qui s’ajoute aux 40 M€ déjà octroyés ces derniers mois au titre du stockage pour éviter des surplus sur le marché, « est une réponse à la crise sanitaire, mais pas au préjudice que subit la filière pour un conflit qui lui est étranger », a commenté Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer, dans un entretien avec Agra Presse à l’issue de la rencontre.
Triste souvenir de Bruxelles
« Nous avons eu une écoute, certes, mais aucune solution. Bien sûr, Bruno Le Maire a écrit à la Commission européenne il y a plus de six mois pour demander un fonds de compensation. Mais j’en ai un triste souvenir, car rien de concret n’en est ressorti », a regretté Jérôme Despey.
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« Face à cette situation, nous constatons l’incapacité de nos interlocuteurs de répondre concrètement aux questions posées », conclient, via le communiqué, Jérôme Despey et César Giron, président de la FEVS. « Ces atermoiements ne font qu’accroître la fragilité de toutes les entreprises du secteur, fragilité accentuée depuis mars dernier par la crise du Covid-19 », poursuivent-ils.
« La réunion n’a pas abouti, mais pour autant nous devons rester combatifs », assure Jérôme Despey. Si les travaux doivent se poursuivre au niveau national et communautaire pour tenter de trouver des réponses adaptées, Jérôme Despey et César Giron ont souligné que c’est d’abord un enjeu de volonté politique. « C’est au plus haut niveau de l’État qu’il faut que ces décisions soient enfin prises pour résoudre ce conflit étranger à la filière », conclut le communiqué des familles professionnelles viticoles.
« Nous avons eu une écoute, certes, mais aucune solution »