Malgré les suites de la crise sanitaire mondiale en 2021, les exportateurs français de vins et spiritueux ont fait mieux cette année qu’en 2019. La surtaxe américaine à peine suspendue, les exportations vers les États-Unis se sont envolées.
Depuis 2019, le secteur des vins et spiritueux a connu la taxe américaine, le Brexit et la fermeture des principaux marchés mondiaux pour cause de crise sanitaire. Mais les exportateurs ont réussi à faire mieux en 2021 qu’en 2019, année de référence, selon les chiffres dévoilés par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), le 15 février, lors de sa conférence de presse annuelle, qui s’est tenue au salon Wine Paris Vinexpo. Une fois passé le plus fort de la pandémie de coronavirus au niveau mondial, les marchés des vins et spiritueux ont aussitôt rouvert à plein régime, à commencer par le marché américain, sevré de vin français depuis la « taxe Trump » due au conflit Airbus-Boeing.
Les États-Unis, un quart des exportations françaises
Les exportations se sont ainsi élevées à 15,49 Mrd€, soit une progression de 10,5 % par rapport à 2019, qui était pourtant un record, selon la FEVS. Ainsi, à peine la surtaxe américaine levée, en mars 2021, les exportations de vin (de bordeaux, et fait nouveau, de champagne) vers les États-Unis ont bondi (+ 10 % par rapport à 2019). Ce pays, premier marché des vins et spiritueux français, a représenté plus du quart des exportations françaises. Le Royaume-Uni, deuxième marché, a, quant à lui, augmenté ses importations de 12,5 % en valeur, malgré le Brexit survenu le 1er janvier 2021. « Le marché britannique est un marché qualitatif », a commenté Philippe Castéja, membre de la FEVS représentant le bordeaux. La Chine, troisième marché, pour près de 1,3 Mrd€, a accru ses achats de 33 %, toujours en valeur. Parmi les terroirs français qui ont exporté vers la Chine, la FEVS a cité la Bourgogne, « dont les ventes décollent ». « Les exportations vers la Chine sont portées par une classe moyenne qui s’étoffe chaque année de 60 millions d’habitants », a précisé César Piron, président de la FEVS.
Le Canada, huitième marché, a importé pour 540 M€ de vins et spiritueux français (+17 % par rapport à 2019), un record. Par ailleurs, pour l’instant 17e marché des vins et spiritueux français, la Corée du Sud est en train de devenir un importateur comparable au Japon (7e marché), selon Philippe Castéja.
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Le deuxième contributeur à la balance commerciale
Les 15,49 Mrd€ d’exportations ont généré un solde net de 14,2 Mrd€. Le secteur des vins et spiritueux est ainsi le deuxième contributeur net à la balance commerciale, derrière l’aéronautique (19,7 Mrd€) et devant les parfums et la cosmétique (13 Mrd€). « Ces performances à l’export ont été réalisées sans aides, alors que le secteur aéronautique a été très soutenu », a noté César Piron. Elles illustrent, selon le président de la FEVS, « la capacité des entreprises françaises de vins et spiritueux à rebondir dans les différentes régions du monde ». Des performances que les exportateurs comptent faire valoir auprès des pouvoirs publics, notamment de Bercy : « Au moment où la France connaît le déficit commercial le plus grave de son histoire, la valeur exportée par le secteur des vins et spiritueux est la plus haute. » Pour que la performance soit pérenne, il faut donner aux entreprises le moyen d’être compétitives. « C’est bien de vouloir réindustrialiser la France, mais pour cela il faut contribuer à diminuer les coûts de production », a conclu César Piron.
La dynamique des exportations se poursuivra-t-elle en 2022 ? Rien n’est moins sûr. « Les millions d’hectolitres qui ont été retirés du marché avec la distillation de crise et le creux de la production de 2021 dû au gel ne feront sentir leurs effets qu’en 2022 et 2023, quand on commencera à exporter les millésimes 2020 et 2021 », a prévenu Nicolas Ozanam, directeur de la FEVS.