À l’occasion de la visite en France du président Xi Jinping, la filière porcine a décroché l’ouverture du marché chinois pour les abats blancs et les protéines transformées, tandis que les volailles bénéficient désormais d’un accord de zonage pour l’influenza aviaire.
À la suite de la visite d’État du président chinois Xi Jinping, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé, le 7 mai sur le réseau X, la signature de deux accords en faveur de la filière porcine française. Il s’agit de « l’élargissement du marché des viandes porcines aux abats blancs de porcs » (andouilles et andouillettes) et de « l’ouverture du marché chinois pour les protéines transformées de porcs » issues de l’équarrissage (vers l’alimentation animale). Les abats blancs de porcs sont des produits « très appréciés des Chinois qui les consomment dans des recettes originales », et qui représentent un potentiel de 35 M€ de ventes, expliquait l’interprofession Inaporc l’an passé. L’annonce intervient en plein reflux des importations chinoises de porc sur le premier trimestre (-53 %, à 250 000 t), selon le Bureau national des statistiques chinois.
L’élargissement du débouché chinois, client n°1 du porc français hors UE, apportera « un effet immédiat sur les exportations », estime l’interprofession Inaporc dans un communiqué le 7 mai. La filière française espère gonfler ses ventes « d’environ 10 % », sachant que les exportations de viande de porc vers la Chine avaient atteint 260 M€ en 2023. « Désormais, tous les industriels pourront compléter leurs containers destinés à la Chine avec des abats blancs », précise Inaporc, tout en rappelant que les abats blancs (estomac et intestin), et les abats plus largement, restent « sous-consommés en Europe et surconsommés en Chine ».
« Victoire pour toute la filière porcine »
Dans son communiqué, Inaporc salue une « véritable victoire pour toute la filière porcine ». L’Hexagone est largement dépendant de la Chine pour ses exportations de viande porcine, mais surtout de coproduits : en 2023, l’empire du Milieu a absorbé environ la moitié des exportations françaises d’abats de porc (autour de 70 000 t). Au printemps 2023, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron en Chine, quinze nouveaux établissements français avaient obtenu l’agrément pour exporter, soit un potentiel de 10 % de volumes supplémentaires qui venait s’ajouter à une trentaine de sites déjà autorisés.
Autre avancée décrochée lors de la visite du président chinois Xi Jinping, pour la filière volailles cette fois : la signature d’un « accord de zonage en cas de foyer d’influenza aviaire ». Les discussions entre la France et la Chine dans ce dossier avaient connu une « accélération » en août 2023. Le principe d’un accord de zonage (aussi appelé « régionalisation ») : si la France connaît des foyers localisés d’influenza aviaire, les zones indemnes pourraient continuer à exporter vers la Chine. Un tel accord intervient généralement au bout de plusieurs années de négociations, comme ce fut le cas pour la peste porcine africaine (PPA) en décembre 2021.
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« La France est le premier pays européen et le second pays au monde, après les États-Unis, à parvenir à conclure cet accord avec la Chine », note le ministère de l’Agriculture dans un communiqué. Autre singularité française : la mise en place de la vaccination contre l’influenza aviaire, pour la première fois dans un pays exportateur.
Débouché marginal pour la viande de poulet
Concernant la viande de volaille, la France a exporté en tout 430 000 téc en 2022 (sur une production de 1,57 Mtéc), dont 159 000 téc vers les pays tiers. Des volumes en baisse de 6 %, notamment en raison de l’influenza aviaire, qui a provoqué la réduction des volumes disponibles et la fermeture de certains marchés. Pour la viande de poulet, la Chine est toutefois un débouché marginal, très loin derrière les pays du Proche et Moyen-Orient.
Quid de la suite ? Dans une déclaration conjointe entre Paris et Pékin publiée le 6 mai, les deux pays indiquent vouloir « continuer de discuter positivement sur la levée complète, sur la base de la sécurité garantie, de l’embargo au regard de l’encéphalopathie spongiforme bovine » (ESB). Autre ouverture en négociation : celle du marché chinois pour la luzerne déshydratée. Enfin, « la coopération bilatérale sera étendue au domaine vétérinaire et du contrôle sanitaire des produits alimentaires importés », indiquent la France et la Chine. En revanche, les filières végétales n’ont pas enregistré d’avancée majeure, le différend sur les exportations de cognac (1) n’étant toujours pas résolu.