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Vital Meat cultive les cellules de volailles dans un bioréacteur

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Les équipements de Vital Meat permettent de multiplier les cellules animales Crédits : © Vital Meat

La start-up Vital Meat cultive les cellules animales pour fabriquer une pâte présentant les mêmes caractéristiques que le chair de volaille. Objectif : passer à l'échelle industrielle pour pouvoir fournir les industriels de l'agroalimentaire avec ce nouvel ingrédient.

Vital Meat, spin off du Groupe Grimaud (actionnaire majoritaire), spécialiste de la sélection génétique, est l’une des rares sociétés françaises à expérimenter la fabrication de « viande cultivée » à partir de souches de volailles. « En multipliant des cellules de volailles dans un bioréacteur, nous avons obtenu une pâte présentant les mêmes caractéristiques que la viande en termes de nutrition et de goût », explique Claude Rescan, responsable de l’optimisation des milieux au sein de Vital Meat, société installée à Sèvremoine (Maine-et-Loire). Pour l’instant, la production a été réalisée en volume restreint à l’aide d’un bioréacteur de 250 litres, complété bientôt par un deuxième bioréacteur de 2000 litres.

« Le résultat obtenu a l’aspect d’une crème qui pourrait être incorporée à des préparation à base de végétaux pour obtenir des produits hybrides », poursuit Claude Rescan. Vital Meat a travaillé ses premiers échantillons de viande cellulaire avec des chefs cuisiniers afin de confectionner des nuggets et des accras dont les résultats sont jugés très satisfaisants par la société.

« Notre but n’est pas de lancer nos propres produits finis destinés à la grande consommation, mais plutôt de proposer notre ingrédient à des industriels qui pourront l’utiliser dans leurs préparations » explique Etienne Duthoit, PDG de Vital Meat. Les discussions ont lieu actuellement avec les clients, industriels ou start-up, en amont de « la commercialisation, qui n’est pas prévue avant quelques années », estime Etienne Duthoit.

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Pas encore de feu vert de l'Efsa

Car aujourd’hui, la viande cellulaire ne peut être commercialisée, faute d’autorisation des autorités sanitaires. Vital Meat travaille sur un dossier réglementaire afin d’obtenir une autorisation de la part de l’Efsa dans le cadre de la réglementation « novel foods ».

Outre l’enjeu réglementaire incontournable pour lancer les produits à grande échelle, d’autre défis se présentent aux start-up qui se lancent dans la production de viande cellulaire. « Il y a un enjeu financier qui se pose, car la R&D et l’acquisition d’outils industriels nécessiteront de mobiliser des montants conséquents, et donc d’organiser des levées de fonds », estime Etienne Duthoit. Selon lui, des économies d’échelle permettront de proposer des produits de viande cellulaire à des tarifs premium, mais non décorrélés des prix actuellement en vigueur pour les substituts de viande à partir de végétaux dès leur lancement.