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Vitibot fait évoluer son robot viticole

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Le robot Vitibot se déplace de façon autonome dans les vignes Crédits : © Vitibot

La start-up champenoise Vitibot, qui a déjà vendu 50 robots enjambeurs autonomes Bakus, fait évoluer les capacités de son équipement. Déjà capable de travailler le sol, le robot électrique pourra demain tondre, rogner, pré-tailler et même pulvériser.

Le robot enjambeur autonome Bakus évolue vers de nouveaux travaux viticoles. « Nous mettons au point de nouveaux outils permettant les travaux en vert que nous allons commercialiser en 2023 », annonce Michael Fontanin, directeur marketing de Vitibot. La société champenoise Vitibot compte ainsi attitrer plus de client vers son robot qui se limitait jusqu’à maintenant aux travaux du sol. Elle va pouvoir demain s’attaquer aux travaux en vert de la vigne, c’est à dire aux parties herbacées : tondeuse inter-rangs et inter-ceps, rognage, écimage et pré-taille. Il est aussi prévu que le robot puisse réaliser des travaux de pulvérisation en étant équipé en outre d’un dispositif de récupération des produits pour limiter les quantités mises en œuvre.

Ces nouvelles compétences de Bakus, robot commercialisé depuis 2019, représentent l’ajout de nouveaux outils sur un même bloc modulaire qui ne change pas. Deux versions du robot ont été mises au point, l’un pour les vignes étroites et l’autre pour les vignes larges et semi-larges. « La version la plus commercialisée est adaptée aux vignes larges et semi-larges », souligne Michael Fontanin. Même si Vitibot est né en Champagne, où le parcellaire est très morcelé, c’est dans d’autres régions qu’il a trouvé le plus de débouché : dans le bordelais, en Bourgogne, dans le Val de Loire et en Provence, là où les parcelles sont plus grandes. Selon ses créateurs, Vitibot peut fonctionner sur des pentes ou tourner facilement en fin de rang, mais c’est dans les vignobles étendus qu’il trouve toute sa raison d’être, en évitant les transports d’une parcelle à une autre.

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Pas plus cher qu'un matériel traditionnel

Sans être en mesure de calculer la rentabilité d’un tel équipement (variable selon le profil des exploitations), Vitibot constate que son outil permet de répondre à de nombreuses difficultés rencontrées par les viticulteurs comme la pénurie de main-d’œuvre, la pénibilité, l’économie de carburant (le robot est électrique), et aussi de produits phytosanitaires. Avec un tarif de base à 150 K€ (180 K€ équipé), « Vitibot n’étant pas beaucoup plus cher qu’un matériel traditionnel, les exploitants agricoles regardent notre solution lorsqu’ils doivent renouveler leur matériel », constate Michael Fontanin. Et des aides des collectivités locales peuvent venir soutenir l’investissement.

Avec près de 50 machines en circulation en France, Espagne, Italie, Portugal, République Tchèque, Slovénie, Roumanie et Etats-Unis, Vitibot compte gagner de nouveaux clients dans les pays où il est déjà présent et aussi dans de nouveaux pays viticoles. Pour son développement, Vitibot peut compter sur plusieurs opérateurs de la filière. Fin 2020, Vitibot a réalisé une levée de fonds de 11 millions d’euros. Parmi les souscripteurs : Champagne Roederer, Martell Mumm Perrier-Jouët, Champagne Laurent-Perrier, Piper-Heisieck et Charles Heidsieck.