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Vitirover produit ses robots de service à grande échelle

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Le robot autonome Vitirover est fabriqué en série à l'usine MMT-B. Crédits : © Vitirover

Le petit robot autonome et électrique développé initialement pour la viticulture s’adapte à de nouveaux terrains d’action. En cours de levée de fonds pour atteindre 3,5 millions d’euros en capital, Vitirover a signé un partenariat industriel pour passer à une fabrication à grande échelle.

« Nous fabriquons actuellement 30 robots par mois, mais d’ici septembre nous allons arriver à 50 par mois puis 100 par mois d’ici la fin de l’année », prévoit Arnaud de la Fouchardière, fondateur de Vitirover et président de la société basée à Saint-Emilion (Gironde). Le petit robot de service, autonome et électrique, qui tond les mauvaises herbes entre les pieds de vigne, voit son horizon s’éclaircir grâce aux fonds qui ont commencé à être collectés depuis avril 2023. « Nous sommes en train de mobiliser d’ici septembre prochain un total de 3,5 millions d’euros, une opération pour laquelle nous recherchons des family offices qui pourraient nous accompagner dans nos projets de développement », indique-t-il. Un accord de production de série a été signé avec le sous-traitant industriel MMT-B de Blanquefort (Gironde), tandis que Vitirover se concentre sur la conception, la gestion, le logiciel et la commercialisation.

Le développement de la société doit être accompagné par trois nouvelles recrues que sont Guillaume Billard, nouveau directeur général et industriel, Laurent Blanchet, directeur du bureau d’études mécanique et Sébastien Labat, directeur marketing et commercial. A cette occasion, Arnaud de la Fouchardière laisse son poste de DG pour prendre la présidence de la société.

Vendre des hectares entretenus

Vitirover en est à sa 6e génération et a été diffusé à une centaine d’exemplaires depuis son lancement en 2011. Il s’agit d’un robot de service ne réalisant qu’une seule tâche, celle de couper l’herbe à différentes hauteurs, qui peut circuler entre les pieds de vigne, éviter les obstacles et gravir des pentes. De petite taille et pesant 25 kilos, il n’a pas besoin de surveillance humaine puisqu’il ne présente pas de risque létal et peut regagner sa station de chargement par ses propres moyens. « Vitirover peut fonctionner en troupeau, travailler 16 heures d’affilée et se recharger pendant 8 heures », explique Arnaud de la Fouchardière, estimant qu’en moyenne, un robot est nécessaire pour entretenir un hectare, en fonction du nombre d’obstacles présents. En Champagne, on peut ainsi avoir jusqu’à 10 000 pieds de vigne à l’hectare tandis que sur une ferme photovoltaïque, on trouve un obstacle tous les 20 mètres.

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« Nous vendons des hectares entretenus, avec tous les services qui vont avec, et non pas des machines : c’est un changement complet par rapport à ce que nous connaissons jusqu’à présent », souligne Arnaud de la Fouchardière. La commercialisation se fait en effet par la formule « robot as a service », Vitirover gardant la propriété de ses troupeaux de robots et se chargeant de la maintenance et du pilotage.

Au-delà de la viticulture, Vitirover peut effectuer ses missions dans d’autres domaines comme l’arboriculture, l’industrie pour les abords des sites de production, le ferroviaire pour l’entretien des bords de voies ferrées qui ne sont plus désherbées chimiquement ou encore les fermes photovoltaïques. Vitirover compte équiper de très nombreux clients, notamment grâce à al montée en cadence de la production de robots qui pourrait atteindre à terme 1000 appareils par mois.