Après l’éviction du Brésil des pays importateurs de viande dans l’UE, le secteur appelle à la cohérence et aimerait maintenant suspendre les arrivées de volailles thaïlandaises après qu’un rapport d’audit de Bruxelles a révélé des manquements dans le système de contrôles officiels.
La Commission européenne a publié, le 9 septembre, son rapport d’audit relatif aux contrôles officiels destinés aux exportations de viande de volaille vers l’UE en Thaïlande. Cet audit, réalisé par la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire du 4 au 23 juin, avait pour objectif d’évaluer si le système thaïlandais de contrôles officiels dans le secteur de la volaille offrait les garanties suffisantes quant au respect de la législation de l’UE et si les autorités compétentes étaient en mesure d’étayer les attestations de santé publique figurant dans les certificats sanitaires. Cette publication intervient alors que l’UE mène en parallèle des négociations avec la Thaïlande dans le but de finaliser un accord de libre-échange.
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Les auditeurs concluent que la Thaïlande dispose d’un système de contrôles officiels avec un cadre juridique et administratif globalement adéquat mais aussi des autorités compétentes bien organisées ainsi que des procédures appropriées d’agrément des établissements. Toutefois, ils mettent en avant des insuffisances « importantes et systémiques » dans les garanties fournies. Celles-ci concernent la vérification HACCP, la traçabilité, la séparation des produits éligibles et non éligibles pour l’exportation vers l’UE, les contrôles vétérinaires dans les abattoirs ainsi que les procédures de certification. En outre, la DG Santé précise que « le personnel ne démontre pas toujours une compréhension suffisante de certaines exigences applicables aux exportations vers l’UE ». Bruxelles a donc transmis une série de recommandations à la Thaïlande.
Couper les ponts
Mais quelques jours après la fin d’un audit sanitaire similaire au Brésil, la mise en avant de ces manquements dans les contrôles officiels a provoqué l’ire des représentants de la filière volaille de l’UE. L’association des transformateurs et des commerçants de volailles de l’UE (AVEC) réclame ainsi, dans un communiqué du 15 septembre, la suspension ciblée des importations de viande volaille en provenance de Thaïlande. Elle appelle, en outre, Bruxelles à ne pas accorder de contingents tarifaires supplémentaires dans le cadre de négociations commerciales en cours. Pour le lobby européen de la volaille, ces mesures devront être d’application « jusqu’à ce que des mesures correctives aient été mises en œuvre et leur efficacité vérifiée ».
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« Si des défaillances systémiques compromettent les garanties d’accès au marché de l’UE, les mesures prises ne devraient pas dépendre du pays concerné », a déclaré Birthe Steenberg, secrétaire générale d’AVEC alors qu’un audit similaire mené en Chine en fin d’année 2025 avait aussi révélé des non-conformités. Et d’ajouter : « La réciprocité et la crédibilité exigent une application cohérente ».
FM