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FILIÈRE/DISTRIBUTION Volaille : la reconquête du marché intérieur est en cours… en GMS

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Les enseignes ont révisé leurs politiques d’approvisionnement en volaille fraîche afin de diminuer la part des importations. L’effet reste limité car la GMS est le client le moins importateur, très loin derrière l’industrie agroalimentaire et la restauration hors domicile.

La reconquête du marché intérieur de la volaille est en cours dans les grandes et moyennes surfaces, a expliqué l’économiste de l’Itavi, Pascale Magdelaine, lors des Entretiens de l’observatoire des prix et des marges le 26 octobre. « La pression de l’import est en recul en GMS, estime-t-elle. Toutes les enseignes ont revu leur stratégie à l’import ». Certaines enseignes ont arrêté leur approvisionnement en poulets belges et allemands, d’autres ont annoncé des baisses, comme Lidl qui a annoncé un passage de 42 % de poulets importés en 2015 à 20 % fin 2016.
Les raisons : « Des efforts de rationalisation et de standardisation » réalisés par les industriels français. L’autre raison, la principale, c’est « une amélioration du dialogue sous la pression de l’opinion publique », ont expliqué les industriels et les enseignes à Pascale Magdelaine. Il faut rappeler que les enseignes ont une grosse marge de manœuvre sur ce secteur, puisque leurs marques de distributeurs (MDD) représentent 50 % des volumes du rayon volaille (80 % pour les poulets entiers), et que cette part est en progression, avec le développement des MDD en bio et en canard.

La GMS demande des poulets légers

Pas de triomphalisme, la GMS est l’un des secteurs les moins touchés par les importations de volaille. « Le problème, ce n’est pas la GMS, c’est la RHD et l’industrie », rappelle Pascale Magdelaine. Selon des chiffres des abattoirs français, collectés par l’Itavi en 2013, la GMS ne s’approvisionnait qu’à hauteur de 13 % en volaille importée (contre 69 % en industrie et 87 % en restauration hors domicile). La GMS importe peu, notamment parce que les industriels français sont particulièrement tournés vers ce débouché, et sont attentifs à ses demandes. Et c’est l’une des sources de leurs déboires en RHD et en industrie, indique Pascale Magdelaine. En effet, la GMS française est historiquement demandeuse de poulets légers (2kg environ), pour que les cuisses et les filets ne soient pas trop gros en barquettes. Une orientation qui pénalise les éleveurs car leur conduite est plus difficile que les animaux lourds belges et allemands, et surtout qui n’est pas adaptée aux demandes de la RHD.

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Les Belges restent une référence

C’est ainsi qu’Allemands et Belges ont pris de l’avance sur les Français dans l’élevage et la découpe de la volaille, très importante en RHD et dans l’industrie agroalimentaire. Les Belges, notamment, occupent une place prépondérante en France, fixant actuellement la référence technique et la référence de prix du poulet standard sur le marché hexagonal. Si bien que le prix moyen français du poulet standard est une moyenne des prix du français LDC (3,5Mrd € de chiffre d’affaires en 2015) et du belge Plukon (1,3 Mrd€ en 2014), estime Pascale Magdelaine. Mais des efforts sont en cours en France, avec le développement de l’élevage d’animaux plus lourds et la spécialisation de sites industriels à cet effet. Les rapprochements de LDC et Avril, puis de Gastronome et Doux, y contribuent. Mais il s’agit de politiques industrielles qui mettront plusieurs années avant de porter leurs fruits.