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Volaille : l’investissement revient au premier plan

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L’assemblée générale de la CFA (Confédération française de l’aviculture) s’est réunie, le 17 octobre à Paris, dans un climat plus serein que les précédentes, marquées par deux épisodes d’influenza aviaire dont tous les intervenants ont salué la bonne gestion, tant par les opérateurs que par l’Etat. Certes, d’autres sujets de préoccupations demeurent, comme les PCAE, les promotions et la salmonellose.

Le président de la CFA, Jean-Michel Schaeffer, a dit sa « très grande inquiétude » sur les PCAE (Plans de compétitivité et d’adaptation des exploitations) en régions. « Dans bon nombre d’entre elles, de lourdes incertitudes planent sur l’impossibilité de mener les PCAE au bout de la période de programmation : les caisses seront vides, pour certaines régions, dès juin 2019. Le Grand plan d’investissement (GPI) de 5 milliards d’euros, qui insiste plutôt sur les fonds de garantie ou les projets de filière, ne pourra, semble-t-il, pas prendre le relais ; seulement 500 millions d’euros sont fléchés sur la modernisation des exploitations alors que les besoins en investissements pour assurer la transition sont criants et vont bien au-delà. Rien qu’en volaille de chair on parle de 2,3 milliards ! Comment allons-nous faire la jointure entre les deux programmations ? » Philippe Duclaud, directeur général adjoint de la DGPE (performance économique et environnementale des entreprises), qui représentait le ministre de l’Agriculture, a assuré que le GPI « ne remplacera pas les PCAE », en précisant que de « nouvelles modalités de ciblage » devraient voir le jour en 2019.

Lapin : FNSEA et JA dénoncent les « braderies permanentes »

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Jérémy Decerle, président des JA, ont dénoncé les « braderies permanentes » en cours dans certaines filières. Implicitement visée, celle du lapin dont le président de la CFA a admis qu’elle réalisait « près de 60 % » de ses ventes grâce aux promotions, alors que l’ordonnance en préparation prévoit de les limiter à 25 % des volumes commercialisés. « Limiter brutalement à 25 % des volumes le taux de promotion risque d’être fatal pour une filière qui peine à maintenir sa présence dans les rayonnages », a averti Jean-Michel Schaeffer. « Mais je m’adresse aussi aux acteurs de la distribution : il faut que l’on sorte de la logique promotion égal réduction. Nous devons mener un travail collectif de mise en avant de nos produits et de notre diversité. » À cet égard, la filière française du lapin vient d’obtenir l’aval de Bruxelles au programme de communication qu’elle avait déposé, a indiqué Philippe Duclaud (DGPE).

Pondeuses : « Revoir l’arrêté du 25 août 2018 »

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Jean-Michel Schaeffer a dénoncé l’arrêté « surprise » du 25 août 2018 qui « met la filière ponte dans son ensemble dans une situation très compliquée » : désormais, a-t-il expliqué, les élevages suspects de salmonellose « passent automatiquement sous le coup d’un APDI (arrêté préfectoral portant déclaration d’infection), ce qui signifie, dans la grande partie des cas, l’abattage immédiat du cheptel. Il faut à tout prix revoir l’arrêté du 25 août […] Nous ne comptons pas en rester là. C’est toute une filière qui se retrouve aujourd’hui déstabilisée ; et l’ensemble des filières avicoles qui sont menacées avec la parution prochaine des arrêtés concernant les reproducteurs et la volaille de chair. »

Le président de la CFA a enfin souhaité que l’expérimentation de l’étiquetage des viandes dans les produits transformés, qui se termine à la fin de l’année, se « poursuive et soit généralisée à d’autres États membres. Nous devons aussi élargir le périmètre des produits concernés : les œufs, la viande de lapin et le foie gras sont aujourd’hui exclus du dispositif : ils doivent l’intégrer. »

« De lourdes incertitudes planent sur l’impossibilité de mener les PCAE au bout de la période de programmation »

« Limiter brutalement à 25 % des volumes le taux de promotion risque d’être fatal pour la filière lapin »