Alors que la production avicole confirme sa reprise, la consommation de volaille des Français connaît un coup d’accélérateur en 2024. La filière reste mobilisée contre les importations, Mercosur en tête.
En 2024, les Français ont (encore) mangé davantage de volailles. Sur les neuf premiers mois de l’année, la consommation hexagonale de viande de volaille a progressé de 10,2 % en un an, augmentant plus vite qu’avant la période Covid (+ 13,8 % par rapport à 2019), a indiqué l’interprofession Anvol le 26 novembre. En 2023, les ventes avaient augmenté de 3,6 % sur l’ensemble de l’année (en magasins et RHD). Cette demande croissante est toujours alimentée notamment par l’import, qui gagne 3,8 % en volume début 2024, pour le poulet (+ 3,4 % en 2023). À noter la forte hausse (+ 15,3 %) des produits élaborés, troisième catégorie de produits importée derrière les filets et les cuisses.
Le début 2024 a aussi été marqué par d’importantes importations de viande de canard en provenance de Chine, où la surproduction de porc a pesé sur la consommation de cette volaille. Comme l’indique le vice-président d’Anvol, Gilles Huttepain, « la Chine a déjà envoyé 25 à 30 millions de tonnes » en Europe, soit « 20 à 25 % de la consommation ». Le tout « à vil prix », permettant à cette viande importée de rester compétitive malgré les droits de douane. L’interprofession a rappelé son opposition à l’accord UE/Mercosur, qui prévoit un contingent de 180 000 t de poulet, « en plus des 340 000 tonnes déjà importées par l’UE » en provenance de ces pays. Pour contrer les importations, la filière veut implanter 400 nouveaux poulaillers d’ici cinq ans (soit 80 par an). Un projet soutenu par 79 % des répondants à une enquête dévoilée par Anvol le 26 novembre (1).
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Stabilisation en Label rouge et bio
Dans l’Hexagone, après plusieurs années d’influenza aviaire, la production confirme sa reprise (+ 14,7 % en un an sur les neuf premiers mois de 2024), avec un « rebond très marqué pour les canards » (+ 55 %), dont la production avait été très pénalisée par la maladie. Après deux années à souffrir de l’inflation, les marchés des volailles Label rouge et bio « semblent se stabiliser depuis deux mois », a affirmé Bernard Tauzia, président du Synalaf (volailles label), en conférence de presse. Sur les neuf premiers mois de 2024, les mises en place en élevages accusent tout de même un recul de 4 % pour le Label rouge et de 1 % pour le bio (en un an). Pour relancer la consommation de ces signes de qualité, la filière souhaite des fonds publics pour la communication tout en demandant aux distributeurs de « faire un effort » sur les découpes.