Selon l'enquête avicole Grand ouest 2014, la production de volailles française a bénéficié d'une détente des prix de l'aliment, mais la production a parallèlement baissé, grevée notamment par la filière grand export. Pendant ce temps les consommateurs français mangeaient de plus en plus de volailles, particulièrement hors domicile.
En dehors de la tempête qu'a connue la filière grand export dont les difficultés – taux de change défavorables, fin des restitutions à l'exportation – ne concernaient pas le reste de la filière avicole, que retenir de l'année 2014 en volailles ? Selon l'enquête avicole Grand ouest 2014 (chambres d'agriculture de l'ouest et Itavi) parue mi-juin, l'année passée fut d'abord celle d'un net repli du prix de l'aliment à destination de la volaille, grâce à des récoltes de blé, de soja et de maïs abondantes dans le monde. Les indices coût matières premières de l'aliment volaille rendus Ille-et-Vilaine calculés par l'Itavi ont connu une « baisse notable », notent les économistes : entre 10,7% pour l'aliment dinde et 13,8% pour l'aliment canard à rôtir, par rapport à 2013. De même, l'indice aliment poulet standard s'est replié de 12,4%. Notons que cette baisse n'a pas duré durant toute l'année 2014 ; à partir du mois d'octobre, les cours des principales matières premières sont repartis à la hausse, et sont toujours sur cette tendance en mars 2015. Toutefois à cette période, les indices restent toujours inférieurs aux indices de mars 2014, entre - 5,6% pour l'indice aliment dinde. Malheureusement, cette détente des prix de l'aliment ne se retrouve pas dans l'évolution de la production française de volailles qui est en recul de 0,7% sur l'année, selon les bilans provisoires du service de la statistique et de la prospective (SSP) du ministère de l'Agriculture, à 1,829 Mtec.
Développement de la restauration hors domicile
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Comme c'est sa tendance depuis la fin des années 90, l'excédent commercial de la France continue de se dégrader ; après avoir dégagé un bénéfice de 1,14 milliard d'euros en 2000, les échanges sont en excédent de seulement 18,8M€. Sur ce point, l'année 2014 restera moins marquée par la hausse des importations que la forte baisse des exportations : -10% en volume par rapport à 2013. Elle provient essentiellement des difficultés connues par la filière grand export : les ventes d'entier congelé vers les pays de Moyen-orient reculent de 21,8%, et globalement les exportations vers les Pays-Tiers chutent de 12,6%. Durant la même période, la consommation française de volailles par bilan a augmenté, à 1,74 millions de téc. Les Français mangent l'équivalent de près de 26,2kg de volaille par an. Dans le détail, la consommation de dinde et de pintade s'érode, tandis que celle de poulet et de canard progresse légèrement. Mais cette hausse de la consommation de volaille ne se retrouve pas dans les panels Kantar, qui étudient la consommation des foyers à domicile. Cet écart est le signe du développement de la consommation hors domicile, analysent les économistes. Et ce n'est pas un hasard si ce segment de consommation est un des axes forts identifiés par la filière pour regagner son marché intérieur, toujours largement approvisionné par nos voisins européens.