Abonné

Voltiris en route vers la commercialisation en Europe

- - 4 min
Les modules de filtrage spectral de Voltiris, couplés à des panneaux photovoltaïques. Crédits : © Voltiris

Le spécialiste suisse de l’électrification des serres de haute technologie vient de boucler un nouveau financement. Après des premiers essais concluants, Voltiris passe à la commercialisation à plus grande échelle en Europe. 

L’émergence de l’agrivoltaïsme coïncide avec une flambée des coûts de l’énergie. Parmi les start-up innovantes dans le domaine, la start-up suisse Voltiris tire son épingle du jeu avec une levée de fonds de 4,8 millions de francs suisses (5,1 M€) annoncée le 28 janvier 2025. Ce tour de table d’amorçage a été mené par le fonds de capital-risque zurichois EquityPitcher Ventures et 3M Ventures, le fonds d’investissement de la société américaine 3M, avec la participation du fonds de capital-risque Satgana et de plusieurs Family Offices. Au total, la société a levé 6,2 millions d’euros depuis sa création en 2022

Lire aussi : GLHD annonce des résultats encourageants sur son pilote agrivoltaïque 

Fondée à Lausanne par Nicolas Weber (Pdg), Jonas Roch (CTO) et Dominik Blaser (CPO), Voltiris se spécialise dans le développement d’installations solaires sous serres. Sa technologie de filtrage spectral lui permet de valoriser la lumière excédentaire, non utilisée par les plantes au cours de la photosynthèse. Pour cela, ses modules se composent de deux parties : un miroir coloré et un panneau photovoltaïque. « Les panneaux colorés filtrent la partie du champ lumineux nécessaire à la photosynthèse. Pour simplifier, c’est la partie rouge et bleue de la lumière, c’est pourquoi nos miroirs apparaissent roses. Ce qui n’est pas nécessaire à la photosynthèse, le vert et le proche infrarouge, va être récupéré et concentré sur les cellules photovoltaïques pour produire de l’énergie », explique le cofondateur et Pdg Nicolas Weber. 

Une technologie en cours de déploiement commercial 

Destinée aux maraîchers et horticulteurs équipés de serres de haute technologie, la solution de Voltiris entend « couvrir leurs besoins en autoconsommation », selon son dirigeant. « Les serres high-tech ont besoin d’énormément d’énergie, elles peuvent avoir des systèmes de chaleur, de déshumidification, de séquestration de carbone… » En fonction des besoins de chaque producteur, Voltiris peut déployer jusqu’à 3000 modules sur un hectare de serre. Installés au-dessus des cultures, dans une partie de la serre souvent laissée vide, ils veulent rentabiliser au mieux l’équipement existant. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

photovoltaïque
Suivi
Suivre

Aujourd’hui, la start-up compte déjà 18 projets pilotes et commerciaux à son actif. « Nous en sommes au stade du raffinement de la solution », estime Nicolas Weber. Voltiris a ainsi mené des tests en Suisse, aux Pays-Bas, en France, en Espagne, aux Canada et aux États-Unis sur des cultures de tomates, concombres, poivrons, fleurs et myrtilles. De quoi recueillir de précieuses données sur ce qui fonctionne, ou pas. D’après ses premiers résultats, la technologie de filtrage spectral de Voltiris permet notamment de réduire la température à la surface des plantes jusqu'à 6°C, diminuant d’autant leur stress thermique. 

Lire aussi : Epopée Gestion investit 30 M€ dans les projets agrivoltaïques d’Enervivo 

A la fin de mars 2025, Voltiris lancera son premier projet commercial à l'échelle de l'hectare en Suisse. Il s’agira d’équiper un hectare de tomates cerises en modules Voltiris. Pour son dirigeant, c’est une étape clé « pour démontrer que nous pouvons travailler à cette échelle dans toutes les serres ». Ce n’est qu’un début : « Notre point de focalisation sur ces prochains 18 mois va être la Suisse, la Belgique, les Pays-Bas et la France. » 

Les nouveaux capitaux vont aussi permettre à Voltiris de continuer à investir dans la R&D et perfectionner sa technologie, afin « d’atteindre la performance souhaitée », glisse Nicolas Weber, notamment grâce à son partenariat avec l’américain 3M, lancé depuis plusieurs mois. « 3M a une compétence dans le filtrage spectral, une technologie déjà utilisée dans le domaine de l’automobile et du bâtiment. Dans le cadre de notre partenariat, ils développent spécifiquement pour nous une solution appliquée à l’agrivoltaïsme. » Pour soutenir la croissance de la start-up, il envisage la prochaine levée de fonds pour 2027