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Wakaze lève 2,5 millions d’euros pour lancer ses boissons japonaises

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Takuma Inagawa a eu l’idée de produire en France du saké et de l’umeshu à partir d’ingrédients locaux. Implanté initialement au Japon, Wakaze a fait de la France désormais, son principal marché.

Lancée en 2016 au Japon sous la forme d’une brasserie artisanale de saké et d’un bar restaurant, Wakaze a fait de la France son principal terrain de jeu. À Fresne, en banlieue parisienne, elle a ouvert depuis 2019 un atelier de brassage de saké qu’elle fait vieillir en fûts de chêne, comme du vin. L’activité a commencé grâce à l’expérience acquise par son fondateur, Takuma Inagawa, ingénieur formé au Japon et en France, puis passé par le consulting chez BCG. « L’idée de départ est de fabriquer du saké local, à partir d’ingrédients français comme le riz japonica qui pousse en Camargue », explique-t-il. « C’est plus écologique, il y a très peu de transport par rapport à un saké produit au Japon, et beaucoup de consommateurs ayant voyagé au Japon apprécient le saké et les boissons japonaises », détaille le chef d’entreprise. En outre, « il y a très peu de production de saké en France et en produisant localement, nous avons moins d’intermédiaires et un prix deux à trois fois moins élevé qu’un saké venant du Japon », poursuit-il.

La production a pu être lancée en France grâce à plusieurs opérations de financement participatif sur Ulule, en don contre don. En 2019, la brasserie a ainsi pu financer la production d’une première série de 1 000 bouteilles, tandis qu’une seconde campagne fin 2020 a permis de mobiliser l’équivalent de 45 000 euros, toujours en don contre don. Ce mode de financement est très apprécié par le fondateur qui vient d’y avoir recours récemment pour une diversification : la production d’umeshu, un alcool traditionnel japonais à partir de prunes cultivées à Moissac et de lie de saké, issue du riz de Camargue. Ne disposant pas des équipements nécessaires, Wakaze s’appuiera sur une distillerie en Ile-de-France. La campagne visait initialement 5 000 euros (en don contre don), mais a finalement atteint 57 000 euros. La marque livrera les contreparties en deux vagues, en septembre et décembre. L’umeshu est une alternative aux apéritifs<0x2009>: il peut se consommer avec des glaçons, ou bien entrer dans la composition de cocktails.

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Les canaux de distribution commencent à se structurer. Wakaze vient ainsi de signer un contrat avec Nicolas permettant de diffuser son saké dans environ 250 magasins du réseau. Les cavistes, les restaurants, les bars et même les particuliers peuvent se fournir en achetant directement sur le site de Wakaze. Mais les capacités de production actuellement limitées ne permettent pas d’aller vers la grande distribution.

Les choses pourraient toutefois changer à l’avenir. Ainsi, Wakaze vient de lever 2,5 millions d’euros auprès du fonds d’investissement japonais Jafco, sans remettre en cause le contrôle majoritaire de l’entreprise par son créateur Takuma Inagawa. Quelque 16 000 bouteilles de saké sortiront chaque mois de l’atelier de Fresnes à partir de septembre, mais bien plus à l’avenir. Grâce aux fonds levés, la société va pouvoir augmenter ses capacités de production, investir dans le marketing et recruter davantage. Après cette première levée de fonds de série A, une levée de série B pourrait être lancée cette fois-ci pour un montant bien plus conséquent, deux à trois fois supérieur.